Actualisé 26.11.2015 à 10:56

Finance

La BNS ne devrait pas toucher aux taux négatifs

UBS, No 1 bancaire helvétique estime également que la BNS ne voit guère de marge de manoeuvre dans un sens ou dans l'autre pour le taux de change avec l'euro.

Daniel Kalt, économiste en chef d'UBS Suisse, estime que la BNS optera pour le statu-quo.

Daniel Kalt, économiste en chef d'UBS Suisse, estime que la BNS optera pour le statu-quo.

UBS estime que le cours de l'euro face au franc soutient la politique de la Banque nationale suisse (BNS). Les experts du numéro un bancaire helvétique sont d'avis que l'institut d'émission ne devrait plus renforcer les taux négatifs. Ils confirment leurs pronostics de croissance pour la Suisse.

«Si le cours euro/franc se maintient dans une zone de confort comprise entre 1,07 et 1,10 sans que la BNS n'ait à réaliser des interventions insoutenables, elle devrait renoncer à renforcer les intérêts négatifs», analyse jeudi Daniel Kalt, économiste en chef d'UBS Suisse, dans un communiqué. Il prend ainsi le contre-pied de ses confrères de Credit Suisse.

Et ce même si la Banque centrale européenne (BCE) prolonge son programme de rachats d'obligations de trois à six mois et réduit le taux de dépôts de 10 points de base. L'annonce de telles mesures est attendue à l'occasion de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs, le 3 décembre.

Ecarts euro/franc plafonnés

UBS ne voit guère de marge de manoeuvre dans un sens ou dans l'autre pour le taux de change euro/franc. «Soit la BNS soutiendra le cours au moyen d'interventions, soit le franc s'affaiblira de lui-même après le ralentissement de l'économie imputable à son appréciation.»

La politique monétaire souple de la BCE devrait quant à elle «limiter les écarts euro/franc vers le haut», poursuivent les experts de l'établissement aux trois clés. Ceux-ci tablent sur un cours de change compris entre 1,08 et 1,12 pour les douze prochains mois.

La récente tendance des dépôts à vue de la banque centrale helvétique suggère que cette dernière a dû peu intervenir récemment sur le marché des devises, poursuit UBS. La promesse, faite fin octobre par Mario Draghi, de réexaminer les mesures d'assouplissement monétaire n'y a apparemment rien changé.

Effets indésirables

A leur niveau actuel, les taux négatifs entraînent déjà des effets indésirables pour le système financier et de prévoyance suisse, juge UBS. Le président du directoire de la BNS, Thomas Jordan, ne voit, lui, pas d'effets secondaires excessifs ni de fuite vers l'argent liquide, a-t-il déclaré la veille dans la «Handelszeitung».

«L'augmentation du nombre de billets de 1000 en circulation indique que les billets de banque suisses sont non seulement utilisés comme moyens de paiement, mais aussi significativement, aujourd'hui déjà, comme réserve de valeur. Pour UBS, un renforcement des intérêts négatifs inciterait encore plus à la thésaurisation en espèces.

Estimations confirmées

La banque confirme par ailleurs ses pronostics de croissance publiés fin août. Elle anticipe toujours pour 2015 une progression modérée du produit intérieur brut (PIB) de 1%, puis une légère accélération à 1,4% en 2016.

La crainte d'une légère récession en Suisse s'est révélée infondée, soutient UBS. Ses experts en veulent pour preuve la solide consommation privée, les investissements dans les biens d'équipement et les exportations nettes. Toutefois, la légère hausse du chômage, attendu à 3,3% cette année, devrait peser sur le revenu disponible. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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