Argentine: La bonne ambiance entre «MBS» et Poutine au G20
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ArgentineLa bonne ambiance entre «MBS» et Poutine au G20

Le sommet s'est ouvert vendredi à Buenos Aires. Entre l'affaire Khashoggi et la crise entre Moscou et Kiev, les débats s'annoncent tendus. Pourtant, les principaux concernés semblent bien s'amuser.

Accueilli chaleureusement par Poutine, sur un ton badin par Trump, et plus fraîchement par Macron: le prince Mohammed Ben Salmane, héritier du trône saoudien, a été très entouré au début du sommet du G20. «MBS», surnom qui lui avait été donné à l'époque où il était salué comme un grand réformateur, y fait sa première grande apparition sur la scène internationale depuis le scandale autour de Jamal Khashoggi, un journaliste critique à son égard tué dans le consulat saoudien à Istanbul début octobre. Accusé ou soupçonné d'avoir commandité l'assassinat, Mohammed ben Salmane voit aussi sa réputation entachée par le rôle que joue l'Arabie saoudite dans l'interminable et sanglant conflit yéménite.

Loin de se trouver ostracisé en Argentine, ou d'être traité en «paria» comme le prédisaient certains experts, le prince héritier a été au contraire très entouré, au point d'être la vedette de deux vidéos devenues virales. L'une le montre avec le président russe Vladimir Poutine, lui aussi critiqué, cette fois pour avoir remis le feu aux poudres du conflit ukrainien. Le Russe a retrouvé le Saoudien avec un enthousiasme manifeste à Buenos Aires, où les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 se réunissent pendant deux jours. Peu avant de prendre place autour de la table des discussions, le président russe et le prince héritier saoudien se sont salués avec un geste à mi-chemin entre la poignée de main et le «tope-là» de deux sportifs ou adolescents.

Grands sourires

Ils ont ensuite continué à bavarder en échangeant de grands sourires, avant de s'asseoir, selon des images rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux. Le plan de table a placé côté à côte ces deux protagonistes-clé d'un sommet sous très haute tension. Le Russe et le Saoudien ont un intérêt stratégique majeur en commun: le pétrole. Le cours de l'or noir, en chute libre, est suspendu depuis des semaines à un éventuel accord des deux puissances pétrolières sur une baisse de production.

La Maison Blanche a elle indiqué que «MBS» avait «échangé des plaisanteries» avec Donald Trump en marge du sommet. Le président américain est l'un des principaux soutiens du prince saoudien, sur lequel il compte justement pour maintenir un cours bas du pétrole.

Un macron plutôt tendu

On a également vu le prince de 33 ans s'entretenir avec la fille du président américain Ivanka Trump, et serrer la main d'Emmanuel Macron. Mohammed ben Salmane a également eu une courte conversation avec le président français, dont une vidéo a également beaucoup circulé sur les réseaux sociaux.

Macron a discuté avec MBS en marge du G20

Le président français a eu une courte discussion avec le prince héritier saoudien pour lui exprimer le souhait des Européens dans l'affaire Khashoggi. (Source: Twitter)

A en croire la présidence française, le chef d'Etat français lui a demandé «d'associer des experts internationaux à l'enquête» sur le meurtre de Jamal Khashoggi et il a défendu «la nécessité d'une solution politique au Yémen».

Divers médias ont répercuté sur Twitter une vidéo de quelques minutes de cet entretien, dont la source originale restait pour l'heure indéterminée. On y voit un «MBS» à l'expression plutôt neutre, qui lâche à un moment un petit rire lorsqu'il aperçoit la caméra. Et un Emmanuel Macron plutôt tendu.

Plusieurs journalistes de l'AFP ont pu distinguer des bribes du dialogue en anglais, couvert par le bruit ambiant et des annonces au haut-parleur des organisateurs du sommet, mais sans pouvoir dire à quoi exactement ces paroles font référence «Ne vous inquiétez pas», dit le prince. «Je suis inquiet», répond Emmanuel Macron. «Vous ne m'écoutez jamais», lance aussi le président français. «Bien sûr que j'écouterai», rétorque le prince héritier saoudien.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a elle porté plainte lundi devant la justice argentine contre le prince. Juste avant le sommet du G20, le prince avait achevé une tournée dans quatre pays arabes. S'il a été bien accueilli aux Emirats arabes unis et à Bahreïn, deux de ses plus proches alliés, ainsi qu'en Egypte, il a en revanche fait face à des manifestations hostiles en Tunisie. (afp)

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