Actualisé 14.10.2013 à 10:04

Suisse orientale

La burqa aussi interdite à Saint-Gall?

Après l'acceptation populaire au Tessin, l'UDC saint-galloise s'empare du sujet sensible de la burqa. Les experts jugent l'idée disproportionnée.

de
tso/dmz

Au Tessin, le peuple a accepté à 65% une interdiction de déambuler dans le rue avec le visage voilé. De fait, l'initiative acceptée bannit burqas et niqabs. Dans le canton de Saint-Gall, l'interdiction de sortir le visage cagoulé existe déjà, comme dans plusieurs autres comme Vaud, Bâle-Ville, Zurich, Berne, Lucerne ou Soleure.

Le canton de Neuchâtel a accepté début octobre une motion en ce sens. Au niveau fédéral, une législation n'est pas exclue, mais elle a été renvoyée en commission par les Conseil des Etats. Et la constitutionnalité de l'initiative tessinoise y est actuellement étudiée.

Sandro Wasserfallen, député UDC au Grand Conseil de Saint-Gall, se demande si les burqas et niqabs sont aussi concernées par l'interdiction en vigueur. Si ce n'est pas le cas, le parti prendra des mesures. Si le politicien admet que les rues saint-galloises ne sont pas envahies des femmes au visage caché, le recours à ces vêtements n'est pour lui pas compatibles avec les valeurs libérales de la Suisse. Et pour lui, une telle interdiction n'est pas un frein à la liberté de culte.

Disproportionné

Markus Schefer, professeur de droit constitutionnel à l'Université de Bâle n'est pas de cet avis. Pour lui, il y a un lien évident entre interdire la burqa et une atteinte à la liberté religieuse. Même son de cloche pour le professeur retraité de droit constitutionnel de l'alma mater saint-galloise, Jörg Paul Müller: «Cette mesure est disproportionnée et n'est justifiée par aucun intérêt public. Les burqas et niqabs sont trop peu nombreuses en Suisse», argumente-t-il.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!