États-Unis - Les Californiens votent sur l’avenir de leur gouverneur démocrate
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États-UnisLes Californiens votent sur l’avenir de leur gouverneur démocrate

Des électeurs mécontents ont obtenu un «scrutin de rappel» du gouverneur démocrate, Gavin Newsom. Les Californiens se rendent aux urnes ce mardi.

Joe Biden est présent au côté de Gavin Newsom.

Joe Biden est présent au côté de Gavin Newsom.

AFP

La Californie va-t-elle conserver son gouverneur démocrate, fragilisé par la crise du Covid et des incendies géants? Le sort de Gavin Newsom était suspendu au vote mardi des habitants du plus peuplé des États américains.

Utilisant une disposition de la Constitution californienne, des citoyens mécontents – très vite ralliés par le parti républicain – ont obtenu ce «scrutin de rappel» permettant de révoquer un gouverneur en dehors de tout calendrier électoral, après avoir recueilli plus de 1,5 million de signatures.

Preuve de l’enjeu national de ce référendum dans un État équivalent à la cinquième puissance économique mondiale, le président Joe Biden a mis sa casquette de patron du camp démocrate et s’est rendu lundi en Californie pour soutenir Gavin Newsom. Son prédécesseur républicain Donald Trump a quant à lui choisi une nouvelle fois d’agiter le spectre de la fraude électorale lors du vote par correspondance, accusations qu’il avait faites après sa défaite face à Joe Biden sans jamais pouvoir les étayer.

«Référendum ridicule»

En écho au profond clivage qui divise les États-Unis, les Californiens partisans du référendum dénoncent des impôts excessifs, une «élite» démocrate perçue comme méprisante et des libertés individuelles bafouées par les autorités depuis le début de la pandémie. Les opposants y voient une manœuvre pour se porter aux commandes d’un État farouchement démocrate, hors d’atteinte pour les conservateurs lors d’un scrutin classique.

Les bureaux de vote ferment à 20H00 heure locale (05H00 en Suisse mercredi) mais de nombreux électeurs, environ 9 millions sur 22 inscrits au total, ont déjà voté par anticipation. Ils ont le choix entre 46 candidats, en grande majorité républicains, dont l’animateur radio ultra-conservateur Larry Elder, donné favori parmi les concurrents de Gavin Newsom, l’icône transgenre Caitlyn Jenner, célèbre pour son appartenance au clan Kardashian, et une multitude d’autres plus ou moins farfelus.

«Nous devons nous débarrasser de notre gouverneur parce que je pense que c’est un démocrate corrompu, comme les gens que nous avons au gouvernement fédéral (…) Nous avons besoin de quelqu’un qui représente vraiment le peuple», lance Farid Efraim. Il vient de voter à Los Angeles pour Larry Elder et assure en avoir «assez de ces obligations de se faire vacciner».

«Je n’aime pas particulièrement Newsom (…) mais n’importe qui vaut mieux pour la Californie que Larry Elder et les autres candidats conservateurs», rétorque Jake, 38 ans, interrogé par l’AFP à la sortie d’un autre bureau de vote. «Ce référendum est ridicule. J’ai calculé que même si chacun des électeurs votait effectivement, ça coûtera plus de douze dollars par bulletin… Les candidats conservateurs et leurs partisans se plaignent des impôts trop élevés mais ils gaspillent notre argent comme ça», lance-t-il en claquant des doigts. Le coût du référendum est estimé à près de 280 millions de dollars (plus de 257 millions de francs) par les autorités.

«Le clone de Donald Trump»

Sur le papier, Gavin Newsom, ancien maire de San Francisco élu facilement gouverneur en 2018 et dont le mandat ne s’achève théoriquement que dans 18 mois, ne risque pas grand-chose dans un État acquis aux démocrates. Mais le renfort de Joe Biden montre que le camp Biden veut éviter une mauvaise surprise, toujours possible en cas de faible participation.

Il y a 18 ans, un vote similaire avait permis à Arnold Schwarzenegger de conquérir la Californie en faisant chuter le gouverneur démocrate de l’époque. Larry Elder, «c’est le clone de Donald Trump. Pouvez-vous l’imaginer gouverneur de l’État?» a lancé le président Biden lors d’un meeting lundi soir à Long Beach, au sud de Los Angeles.

Il a déroulé la liste de tout ce qui disparaîtrait selon lui si Larry Elder était aux commandes de la Californie: obligations sanitaires et vaccinales contre le Covid-19, «respect des femmes» et de leur droit à l’interruption de grossesse, lutte contre le changement climatique que cet Afro-américain de 69 ans a qualifié par le passé de «mensonge», salaire minimum dont il veut se débarrasser…

Gavin Newsom est un rempart contre «les sombres politiques, destructrices et sources de discorde, de Donald Trump», a-t-il lancé. Comme Donald Trump, la plupart des républicains en lice dans le référendum ont repris à leur compte les accusations de fraude électorale. Larry Elder a jusqu’à présent refusé de dire s’il accepterait les résultats du scrutin et a lancé un site internet invitant ses partisans à dénoncer toute irrégularité dont ils seraient témoins afin de préserver «l’intégrité» du vote.

Version originale publiée sur 20min.ch

(AFP)

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