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GenèveLa campagne de vaccination fait grincer des dents

Le choix de trois uniques centres suscite l’incompréhension de divers acteurs du domaine de la santé.

par
Maria Pineiro
La campagne de vaccination a débuté le 4 janvier à Genève.
La campagne de vaccination a débuté le 4 janvier à Genève.Scott Heins/2020 Getty Images

Depuis le 4 janvier, les Genevois de plus de 75 ans peuvent se faire vacciner dans trois centres: deux institutions de santé et les locaux de la société m3 sanitrade. Le choix de la filiale santé du groupe m3, également actif dans l’immobilier, la restauration ou encore l’événementiel, fait tiquer. «Je m’étonne qu’au vu du nombre de centres de soins dont dispose le Canton, on délègue cette tâche de vaccination à un acteur privé», s’irrite Bertrand Buchs, député PDC et médecin.

La société m3 sanitrade est née en avril 2020, pour l’importation de masques. Elle a ensuite fait partie des centres de dépistage du canton. Enfin, pour cette première phase de vaccination, elle a été choisie pour opérer la vaccination. Une décision qui interpelle: «Si on s’adresse d’abord à des privés avant les acteurs de la médecine publique, il y a de quoi s’interroger», réagit Michel Matter, président de l’association des médecins genevois. Car la campagne de vaccination est orchestrée par l’État. Ce sont les autorités sanitaires qui reçoivent les doses et qui les distribuent: impossible pour les autres acteurs intéressés de se fournir, puis de proposer leurs services aux patients, comme cela peut être le cas pour les tests. «Le Canton a-t-il procédé à un appel d’offres?» demande Bertrand Buchs.

Pas d’appel d’offres

Le Département de la santé confirme qu’il n’y a pas eu d’appel d’offres. «Les centres se sont annoncés suite à un appel du directeur général de la Santé», détaille Florence Forget, chargée de communication. C’est ensuite la Direction générale qui a choisi en fonction du potentiel de vaccinations quotidiennes sans diminuer le nombre de dépistages. M3 sanitrade se montre plus précise, expliquant avoir été abordée par les autorités. «Connaissant les lieux et notre réactivité, l’État nous a contactés la seconde quinzaine de décembre pour nous proposer de participer à la campagne de vaccination dès le 4 janvier.»

Autre sujet de fâcherie pour les médecins, le fait que leur corporation, comme celle des pharmaciens, pourtant très actives dans la vaccination contre la grippe, ne sera pas mise à contribution pour l’heure. «Nous connaissons nos patients, nous avons établi un lien de confiance avec eux, essentiel alors qu’une partie de la population doute, signale Michel Matter. Nous savons quelles sont les personnes à risque et quelles sont les éventuelles contre-indications à une vaccination. Sommes-nous sûrs que ces questions seront abordées dans les centres de vaccination?»

Mise à l’écart jugée problématique

«Il n’est pas compréhensible que nous ne soyons pas mis à contribution, souligne Antonio Pizzoferrato, secrétaire général de l’AMG. Si cette situation devait durer, elle serait problématique, même si pour l’instant, nous comprenons les complications induites par les problèmes de stockage à très basses températures du vaccin autorisé.» Il indique que ces questions ne sont pas insurmontables. «Nous avons une proposition afin de permettre aux médecins de famille de vacciner au plus juste via un service de livraison.» Pour les médecins de ville, plus il y aura de lieux de vaccination, plus les patients viendront se faire vacciner.

Du côté des pharmaciens, le ton est plus apaisé: on ne doute pas d’une mise à contribution à l’avenir. «Selon la stratégie développée, publiée et annoncée par l’OFSP, les pharmaciens vaccineront contre le Covid-19 dans une quatrième phase, a répondu Rémi Lafaix, président de PharmaGenève. C’est-à-dire lorsque la vaccination sera étendue à toute la population hormis les moins de 16 ans et les femmes enceintes.» Quand bien même, il précise qu’il «aurait été apprécié de débuter plus tôt la vaccination en pharmacie».
Florence Forget explique que le dispositif de vaccination sera bel et bien étendu à d’autres institutions, aux médecins et aux pharmacies dès l’obtention «d’une grande quantité de vaccins Moderna».

Jeune entreprise
La première phase du dispositif de vaccination fonctionne avec trois lieux, les cliniques de Carouge et d’Onex (médecine publique) ainsi que les locaux de m3 sanitrade. Interpellée eu égard à sa courte expérience en matière de santé, cette dernière précise être associée aux laboratoires Helvetic Care pour les tests et les vaccins. «Le projet d’implantation du centre de vaccination a été validé par la Direction générale de la santé et depuis, les autorités de santé du canton viennent sur le site très régulièrement», souligne Fabrice Eggly, directeur de la communication. Il ajoute qu’un «médecin référent est sur place quotidiennement aux horaires d’ouverture» et que toutes les injections sont faites par des infirmiers, formés par les HUG.

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556 commentaires
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Vacciné

12.01.2021 à 14:19

Bonjour! Je viens d'être vacciné par cette organisation, et bien je peux vous dire que la prise en charge de cette vaccination est parfaite! Pas d'attente, personnel médical sympathique et professionnel! Je recommande absolument! Merci! (12.01.20 , 12h50)

immunité pour tous

12.01.2021 à 13:20

et vite avec ou sans vaccin, stopper toutes les mesures inutiles et laisser courir le virus afin que toute la population soit rapidement immunisée. les vieux sont vaccinés, les jeunes attrapent et guerissent de cette maladie qui somme toute est benigne comme une grosse grippe

Cléo246

12.01.2021 à 07:53

Dès que cela sent l'argent,Abdallah Chatila débarque...en avril, les masques, puis le matériel sanitaire, les tests et maintenant la vaccination!!!! Alors qu'un large choix de centres existait??? Je trouve cette décision assez surprenante...