«Contre la sexualisation à l'école»: «La campagne est fondée sur la peur»
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«Contre la sexualisation à l'école»«La campagne est fondée sur la peur»

L'initiative populaire «contre la sexualisation à l'école» devrait aboutir un mois avant l'échéance, selon les initiants. Les opposants critiquent l'agressivité de la campagne.

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büc/ofu/ats
Le texte de l'initiative paru dans la «Feuille fédérale» du mardi 17 avril 2012.

Le texte de l'initiative paru dans la «Feuille fédérale» du mardi 17 avril 2012.

«Nous avons déjà récolté bien plus de 90'000 signatures», se réjouit Dominik Müggler, du comité d'initiative «Protection contre la sexualisation à l'école maternelle et à l'école primaire». Celle-ci vise à garantir qu'aucune éducation sexuelle ne soit dispensée à l'école enfantine et durant les deux premières années du primaire. Jusqu'à l'âge de neuf ans, les enfants ne devraient ainsi être confrontés à aucune éducation de ce genre. Selon les initiants, le texte devrait aboutir à la mi-novembre, soit un mois avant l'échéance fixée au 17 décembre. Le comité a prévu une dernière grande action pour récolter les signatures manquantes.

Christian Iten, porte-parole du groupe d'intérêt pour une éducation sexuelle raisonnable, craint que le comité d'initiative n'agisse de manière particulièrement agressive, «surtout parce que toutes les ressources des cercles conservateurs et chrétiens ont été épuisées». Selon lui, leur campagne est principalement «fondée sur la peur». Ainsi, les initiants ne cessent de thématiser les «Sex-Box», introduites en 2011 dans les écoles primaires de Bâle et contenant du matériel comme un pénis en bois, un vagin en peluche ou encore des vidéos. La majorité des personnes ignorent cependant que les vagins en peluche, par exemple, ne sont utilisés qu'à partir de l'école secondaire.

Dominik Müggler rejette l'accusation selon laquelle la campagne est fondée sur la peur: «Nous sommes réellement choqués par le contenu pornographique de ces kits.»

UDC, UDF, PEV et la Lega pour l'initiative

Plusieurs polémiques alémaniques sont à l'origine du lancement du texte présenté mardi. Une pétition du même acabit a déjà été déposée contre le plan d'études qui doit être appliqué dès 2014 outre-Sarine et un groupe de parents bâlois fait croisade contre la boîte d'accessoires pédagogiques.

Ces personnes sont membres du comité. Parmi les initiants, qui ont jusqu'au 17 décembre 2013 pour déposer les 100'000 signatures nécessaires, on retrouve aussi plusieurs élus fédéraux, actuels ou anciens, issus notamment des rangs de l'UDC, de l'UDF, du PEV et de la Lega. Les UDC jurassien Dominique Baettig et valaisan Oskar Freysinger sont ainsi de la partie, tout comme la députée vaudoise Fabienne Despot. Des PDC, comme le conseiller national valaisan Yannick Buttet, et des libéraux-radicaux les ont rejoints.

Situation en Suisse romande

Les cours d'éducation sexuelle existent déjà dans les cantons de Suisse romande et sont répartis en trois niveaux. Le premier concerne l'école enfantine et est axé sur la prévention des abus sexuels. Les élèves du primaire reçoivent une information sexuelle et affective. Les cours sur la reproduction humaine sont donnés à partir de 13 ans dans les cours de sciences ou de biologie. Pour la libérale vaudoise, Suzette Sandoz, l'initiative ne cherche pas à régler un problème dans une partie du pays qui n'en connaît pas. Dans le canton de Vaud, les élèves suivent des cours d'éducation sexuelle tout au long de leur scolarité. Ils commencent en 3ème primaire (selon le concordat HarmoS qui est entré en vigueur en 2009) et vont jusqu'à la 11ème année. Ces leçons ne sont pas obligatoires. Les parents peuvent demander de dispenser leur enfant auprès de la direction.

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