Vaud: La campagne numérique concurrence le terrain
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VaudLa campagne numérique concurrence le terrain

L'indépendant Toto Morand a créé la surprise au 1er tour des élections cantonales en devançant certains candidats de partis.

par
Frédéric Nejad Toulami
Guillaume "Toto" Morand se présente au 2e tour de l'élection du Conseil d'Etat vaudois.

Guillaume "Toto" Morand se présente au 2e tour de l'élection du Conseil d'Etat vaudois.

Keystone

«J'ai effectivement été étonnée du score réalisé par Toto Morand dimanche passé, bien qu'on pensait qu'il bénéficierait d'un effet positif grâce à son aspect indépendant, hors-système et «ni gauche ni droite.» Candidate d'Ensemble à gauche, Céline Misiego a obtenu le 12e rang sur les 15 candidats qui se présentaient au premier tour de l'élection au Conseil d'Etat vaudois. Avec 6,34% des suffrages (soit 10'492 voix), elle a terminé derrière le candidat indépendant Toto Morand et ses 14'137 voix (8,54%). Lui qui s'était déjà présenté à cette élection en 2012 (où il n'avait obtenu que 5,7%) a cette fois devancé les candidats du centre (PDC, Verts-Libéraux et Vaud Libre) et d'Ensemble à gauche.

Onzième, à 7,23%, la PDC Sylvie Villa sera tout de même en lice pour le 2e tour le 21 mai, face notamment à Toto Morand. «Je suis contente pour lui, réagit-elle. Il a su être visible grâce à un vaste affichage à travers tout le canton et aussi à une présence forte avec ses clips sur les réseaux sociaux: c'est un bon communicateur. Mais pour ma première participation, et alors que je n'ai pas bénéficié d'articles de presse comme Morand, je fais un meilleur score que lui en 2012.» Même constat du vert'libéral François Pointet, qui a talonné Toto Morand, à 262 voix près: «Son message anti-système a fonctionné et il a été plus présent que nous sur les réseaux sociaux. Mais il est difficile à cerner et ses électeurs aussi, c'est pourquoi personne n'a voulu s'affilier avec lui pour le 2e tour.»

La présence de Toto Morand sur les réseaux sociaux, alors qu'il ne tenait aucun stand dans les villes, est même qualifiée d'«agressive» par Céline Misiego: «Il a diffusé beaucoup de posts sponsorisés, donc payants, sur Facebook. Il a de gros moyens financiers et un budget de campagne qui ont un réel impact.»

«Je suis considéré comme plus crédible»

Agé de 53 ans, Toto Morand a fini 9e, derrière les candidats du PS, du PLR, des Verts et de l'UDC. «Dans un contexte d'une campagne morne et fermée, mon discours sur la croissance folle du canton, où plein de gens ne se retrouvent pas, a fait mouche», estime-t-il. Il était aussi opposé à la réforme de l'imposition RIE3, tout comme Ensemble à gauche, qui a terminé derrière lui. «En tant qu'entrepreneur, je suis considéré comme plus crédible qu'eux. Et comme je n'ai pas l'infrastructure d'un parti pour avoir des stands de campagne, ma forte présence Facebook a été payante.»

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