Employés de MSF enlevés au Darfour: La Canadienne de retour au bercail
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Employés de MSF enlevés au DarfourLa Canadienne de retour au bercail

La Canadienne Laura Archer, l'une des quatre travailleurs humanitaires de Médecin Sans Frontière (MSF) enlevés au Darfour la semaine dernière, a indiqué samedi soir lors de son arrivée à Montréal qu'elle ne souhaitait pas revenir sur les circonstances de son enlèvement.

«Je ne veux pas parler de ce qu'il s'est passé. En gros, nous avons été enlevés, nous nous en sommes sortis, c'est fini et je suis vraiment enchantée d'être de retour chez moi saine et sauve», a-t-elle dit lors d'un point de presse improvisé à l'aéroport de Montréal.Mme Archer avait été enlevée avec trois autres collègues de MSF - un Français, un Italien et un Soudanais - le 11 mars au Darfour, province du sud-ouest du Soudan en proie à la guerre civile, par des inconnus armés.Les ex-otages ont été libérés quatre jours plus tard, sans violence ni versement de rançon, selon des responsable soudanais et l'ONG française. Ils avaient regagné Khartoum, d'où Mme Archer était partie ensuite pour la Belgique.«Ma principale inquiétude maintenant n'est pas à propos de moi ou de mes collègues, mais concerne les gens laissés au Darfour», a déclaré cette trentenaire qui réside dans la métropole québécoise.Infirmière de formation, Mme Archer travaillait pour MSF-Belgique à Saraf Omra, à quelque 200 km à l'ouest d'El-Facher, la capitale du Darfour-Nord.«Nous étions la seule organisation (humanitaire) à Saraf Omra. Nous pratiquions plus de 5.000 consultations chaque mois... le résultat de cet incident, c'est que cette population ne reçoit plus de soins de santé», a-t-elle déploré, appelant à «consacrer toute notre énergie et notre aide aux gens du Darfour».Premier enlèvement de travailleurs internationaux humanitaires depuis le début de la guerre civile au Darfour, en 2003, le rapt a eu lieu quelques jours après que la Cour pénale internationale ait émis un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. En réaction, Khartoum avait ordonné l'expulsion de 13 ONG internationales actives au Darfour, dont les sections française et néerlandaise de MSF. La section belge de MSF, pour laquelle collaborait Mme Archer, ne figurait pas sur la liste des ONG sommées de quitter le pays mais a cependant suspendu toutes ses opérations depuis l'enlèvement, tout comme les autres sections présentes au Darfour (suisse et espagnole).Les ONG présentes dans cette région grande comme la France distribuent l'aide alimentaire, offrent des soins de santé et facilitent l'accès à l'eau aux quelque 2,7 millions déplacés. Leur expulsion menace la vie d'un million de personnes, a averti l'ONU.Selon l'ONU, 300.000 personne sont mortes depuis le début du conflit, un chiffre contesté par Khartoum qui évalue à 10.000 les décès liés aux combats. (afp)

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