Actualisé 25.10.2010 à 12:25

Union européenneLa candidature de la Serbie sera examinée

Après des mois de blocage, l'UE était lundi proche d'un accord pour faire franchir à la Serbie une étape symboliquement importante vers son adhésion.

Réunis à Luxembourg, les ministres européens des Affaires étrangères doivent décider s'ils confient à la Commission européenne le soin d'étudier et de rendre un avis sur la candidature de la Serbie à l'Union européenne.

Une étape clé

Belgrade avait déposé sa candidature en décembre 2009, mais les 27 n'étaient jusqu'ici pas parvenus à s'entendre sur la suite à y donner.

«C'est une étape purement technique et nous ne sommes pas encore à décider d'accorder à la Serbie le statut de candidat à l'UE, mais symboliquement c'est important», juge un diplomate européen.

De nombreux pays européens estiment qu'il faut à présent récompenser Belgrade pour son spectaculaire rapprochement avec le Kosovo, illustré par le vote en septembre d'une résolution commune avec l'UE à l'Assemblée générale des Nations unies appelant au «dialogue» entre Belgrade et Pristina sur des sujets concrets.

Le Kosovo a proclamé unilatéralement son indépendance en février 2008 en dépit de l'opposition de la Serbie qui le considère toujours comme une province lui appartenant.

«La Serbie s'est montrée coopérative et s'est comportée de manière équitable aux Nations unies. C'est pourquoi nous devrions apporter notre contribution et faire en sorte que la Serbie enregistre un progrès en Europe», a aussi déclaré le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle.

Selon un diplomate européen de haut rang, «il est temps pour l'Europe d'aider le président serbe Boris Tadic qui mène depuis plusieurs mois une politique raisonnable dans un pays qui ne l'est pas».

«Il y a urgence» à agir, a aussi estimé le ministre finlandais des Affaires étrangères, Alexander Stubb. Si le statu quo est maintenu «je suis certain qu'il y aura une réaction négative» en Serbie, a-t-il dit.

Maintenir la pression quant à l'arrestation de Ratko Madic

Les Pays-Bas, où un nouveau gouvernement minoritaire soutenu par l'extrême droite vient d'arriver au pouvoir, restent fermes toutefois à l'égard de la Serbie et ont posé des conditions pour accepter une telle avancée.

Le pays accueille le Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie (TPI) et reste surtout traumatisé par le souvenir du massacre de quelque 8.000 Musulmans bosniaques à Srebrenica en juillet 1995, que les casques bleus néerlandais sur place n'ont pas empêché. La Haye réclame l'arrestation des derniers fugitifs encore recherchés par le tribunal, Ratko Mladic et Goran Hadzic.

L'ancien général Mladic, 68 ans, est inculpé pour génocide pour son rôle pendant la guerre de Bosnie (1992-1995). Quant à Goran Hadzic, il est l'ancien chef politique des Serbes de Croatie pendant le conflit serbo-croate (1991-95).

Pour satisfaire les réticences néerlandaises, les pays de l'UE prévoient de publier lundi un texte qui, tout en faisant progresser la candidature de Belgrade, stipule «qu'aucune étape supplémentaire sur la voie de la Serbie vers l'adhésion ne sera franchie» sans un accord unanime des 27 pour dire qu'il y a «pleine coopération» de ce pays avec le tribunal de La Haye.

Et «la preuve la plus convaincante» serait l'arrestation des fugitifs Mladic et Hadzic, souligne le projet de texte.

Selon un diplomate européen, «c'est la première fois que cette condition est posée aussi clairement par l'UE», ce serait «un bon frein à main» que l'UE se réserverait le droit de tirer le cas échéant.

Seule la Suède avait encore des réserves lundi matin à cette formulation, qu'elle trouve trop dure. (afp)

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