«Pazza Gioia (Folles de joie)»: La cavale dangereusement démente de deux désaxées
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«Pazza Gioia (Folles de joie)»La cavale dangereusement démente de deux désaxées

Avec «Folles de joie», l'Italien Paolo Virzi livre un «Thelma et Louise» hystérique qui fait du bien.

par
Marine Guillain

Le pitch a de quoi séduire: deux femmes atteintes de troubles mentaux se rencontrent dans un institut thérapeutique et décident un jour de se faire la malle. Mais «Pazza Gioia» («Folles de joie» en français), offre bien plus que ce scénario alléchant.

Dès les premières minutes, les deux «folles» crèvent l'écran avec leurs comportements aussi drôles et touchants qu'agaçants. Beatrice (Valeria Bruni-Tedeschi, que l'on retrouve juste après son rôle de bourgeoise dans «Ma Loute» de Bruno Dumont) est une intarissable bavarde, mythomane, excessive. Donatella (Micaela Ramazzotti) est une jeune femme dépressive et fragile, qui traîne un lourd passé. La première n'a peur de rien, la seconde a peur de tout. La première a besoin d'aider, la seconde a besoin d'être aidée. Débute entre elles une relation d'amitié forte et tumultueuse.

Présentée à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, l'œuvre de Paolo Virzi («Les opportunistes») est un grand tourbillon dynamique et frais dans lequel on ne s'ennuie pas une seconde. Il met en scène des moments sombres, désolants et parfois violents. Les actrices l'avouent: «Qu'est-ce que nous avons pleuré durant le tournage!» Le tout est pourtant filmé avec un enthousiasme bouillonnant et une ivresse folle. Et lorsqu'un long métrage parvient à faire passer du rire aux larmes aussi bien, on ne conseille pas d'aller le voir. On l'ordonne.

«Pazza Gioia (Folles de joie)»

De Paolo Virzi. Avec Valeria Bruni Tedeschi, Micaela Ramazzotti.

Sortie le mercredi 8 juin 2016. ****

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