Solidarité: La Chaîne du Bonheur veut aider les jeunes en rupture

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SolidaritéLa Chaîne du Bonheur veut aider les jeunes en rupture

La centrale de dons, spécialiste des collectes pour l'étranger, se lance dans l'aide sociale en Suisse.

par
Jérôme Faas
Léo a aujourd'hui un apprentissage dans un grand magasin de vélos genevois.

Léo a aujourd'hui un apprentissage dans un grand magasin de vélos genevois.

Léo, voilà deux ans, était à la dérive, en échec scolaire, sans perspectives. Aujourd'hui, à 17 ans, le Genevois est apprenti, paraît posé, parle avec clarté et recul de ses errances passées et du chemin pour se rebâtir. «Mes notes sont bonnes et je vais tous les jours à Uni Mail faire mes devoirs après le travail.» L'an passé, il a bénéficié du programme A2mains, de l'association Astural. C'est à des jeunes comme lui que la Chaîne du Bonheur consacre sa nouvelle collecte qui commence jeudi 10 décembre.

La moitié des fonds affectés à la Suisse

Il s'agit d'une première. Jamais la centrale de dons n'avait encore soutenu, sur le long terme, des projets sociaux dans le pays. D'ordinaire, elle œuvre pour l'étranger: tsunamis, réfugiés, séismes, bidonvilles. Au niveau local, la Chaîne du bonheur se limitait à l'aide ponctuelle (frais de dentiste, etc.) ou liée à de catastrophes naturelles. «Parfois on nous dit que nous ne faisons rien pour les Suisses, expose Sophie Balbo, porte-parole de l'institution. Cette fois, nous allons financer des projets pour des jeunes en rupture, à l'étranger mais aussi ici. La moitié des fonds récoltés ira à des associations suisses.»

«Ces projets, ça marche»

Christian Pasquali, cofondateur d'A2mains, compte sur l'aide qu'il recevra sans doute de la Chaîne du Bonheur. «Avec les restrictions budgétaires du Canton, on risque l'arrêt en juin. Or ces jeunes coûtent très cher à la société, 50 000 fr. par an. Si vous ne faites rien, ils coûtent cela pendant vingt ans. Et ces projets, ça marche. Ils sont volontaires, mais n'arrivent pas à tenir quelque chose sur la durée. On les cadre. Et après quatre ans, 70% de nos jeunes tiennent le choc.»

«Sans ces treks, je n'aurais pas réussi»

Léo a donc fait du bateau en mer, de la randonnée en luge dans le Jura, de la marche avec des ânes dans la Drôme, à chaque fois à la dure. Entre deux, il effectuait de longs stages en entreprise. «Le but, ce n'était pas que ça nous plaise mais de nous mettre dans le monde du travail.» Il a appris «à travailler en équipe, à discuter sans s'engueuler». Avec un but: tenir.

«Dans la nature, on est obligé. Au milieu de la neige, si je ne me bouge pas, je crève de froid. C'est très important, la nature. A Genève, si je voulais rester dans mon canapé, je pouvais. Sans ces treks, je n'aurais pas réussi. Si j'avais trouvé un apprentissage avant, je n'aurais pas tenu. C'est après coup que je vois tout ce que cette expérience m'a apporté.» Une éducatrice du Service de protection des mineurs, qui lui avait été imposée par la justice, l'a mis en contact avec ce projet. «Je me suis lancé, j'ai joué le jeu, et cela m'a amené à cet apprentissage.»

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