La charge anti-américaine de Chavez

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La charge anti-américaine de Chavez

Le président du Venezuela Hugo Chavez a ordonné l'envoi de l'armée dans les champs pétroliers, menaçant de priver de brut les Etats-Unis.

Il a pris cette mesure avant le référendum de dimanche sur sa révision socialiste de la Constitution.

«J'ai donné l'ordre au ministère de la Défense (...) de mettre en place les plans de protection de nos champs pétroliers et de nos raffineries. A partir de cette nuit, ils seront protégés par l'armée», a-t-il déclaré vendredi soir devant des dizaines de milliers de partisans. Il a affirmé qu'il n'y aurait «plus une goutte de pétrole pour les Etats-Unis», si Washington mettait en oeuvre un plan de déstabilisation au Venezuela.

Prêt à régner «jusqu'en 2050», le chef de l'Etat, qui a promis de «mettre KO l'empire américain», a accusé les Etats-Unis de préparer avec l'opposition une opération baptisée «Plan Tenaille» pour «déchaîner la violence» au cas où la réforme serait adoptée.

Sixième pays producteur mondial de brut, le Venezuela produit environ trois millions de barils de pétrole par jour, dont la moitié est exportée aux Etats-Unis, selon les chiffres officiels.

Pour M. Chavez, Washington tente de provoquer des émeutes au Venezuela, en prévoyant de «raconter comme un disque rayé qu'il y a eu de la fraude» lors du référendum. «Si avec cette excuse, ils lancent la violence au Venezuela, j'ordonnerai lundi au ministre (de l'Energie, Rafael) Ramirez d'arrêter les envois de pétrole aux Etats- Unis», a-t-il souligné.

Durant son discours, il a aussi menacé de «nationaliser» les banques espagnoles au Venezuela, si le roi d'Espagne Juan Carlos ne lui présentait pas «ses excuses». Le bouillonnant dirigeant, qui a «congelé» les relations avec l'Espagne, reproche au roi de lui avoir manqué de respect en lui demandant de «se taire», lors du dernier sommet ibéroaméricain organisé début novembre au Chili.

Pour la première fois, M.Chavez, qui règne depuis huit ans sur le pays, se trouve sous la menace d'un revers électoral. Les derniers sondages prévoient un scrutin extrêmement serré, alimentant la crainte de violences.

Même dans les couches populaires, bastion du «chavisme», la population ne cache pas sa méfiance face à la réforme. Celle-ci permettrait à M.Chavez de se présenter indéfiniment à la présidentielle et censurer la presse en cas de crise.

(ats)

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