Suisse: La chasse aux tatoueurs à la sauvette est ouverte
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SuisseLa chasse aux tatoueurs à la sauvette est ouverte

La Confédération propose de mieux encadrer la profession. Ce que certains spécialistes voient d'un bon œil.

par
David Maccabez
Pour Berne, plus question de tatouer dans des appartements.

Pour Berne, plus question de tatouer dans des appartements.

Longtemps considérés comme le signe distinctif des voyous, le tatouage est entré dans les mœurs. Mais à l'heure actuelle, la pratique de cet art n'est soumise à aucune règle, excepté en matière d'hygiène pour les tatoueurs ayant pignon sur rue.

Nombre d'aiguilles piquent toutefois en toute clandestinité, dans des conditions de propreté pas forcément optimales.

Et de l'aveu de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV), il est impossible de savoir combien de tatoueurs proposent leurs services en Suisse. Il propose de créer un registre des tatoueurs, perceurs et spécialistes du maquillage permanent, révèle la «NZZ». «Ces activités comportent un risque élevé pour la santé si elles ne sont pas exercées dans les règles de l'art, précise l'office. Nous souhaitons déléguer aux cantons la tenue de cette liste, la capacité de traquer les contrevenants et de fixer des sanctions.» La mesure devrait entrer en vigueur l'an prochain.

Le canton de Neuchâtel a d'ailleurs pris les devants, en introduisant l'obligation de s'annoncer au 1er janvier 2016, comme l'annonçait il y a peu la radio RTN. Le Service cantonal de la consommation et des affaires vétérinaires explique que les tricheurs risquent 1000 fr d'amende, voire une fermeture administrative. Et la chasse aux studios clandestins n'est pas un problème: «Nous avons l'habitude de rechercher des activés illicites. Par ailleurs, les tatoueurs au bénéfice d'une autorisation n'apprécieront guère la concurrence déloyale. Les informations circulent vite», assure le chimiste cantonal Pierre Bonhôte.

Idée bien accueillie par les professionnels

Interrogé par la «NZZ», Andy Gally, tatoueur à Bâle, y une mesure «qui va dans l'intérêt de la profession. Un avis partagé par Cédric Cassimo, tenancier d'un studio lausannois: «De plus en plus de gens veulent se faire tatouer et de plus en plus de gens veulent devenir tatoueur. Un registre est donc nécessaire», estime-t-il. Reste qu'il n'existe aucun diplôme et que le projet de l'OSAV ne prévoit pas d'exiger de formation particulière. Cédric Cassimo verrait bien la création d'un CFC ou d'une formation artistique académique, avec spécialisation dans le tatouage.

Des règles d'hygiène bien définies

Si tout le monde peut ouvrir un studio de tatouage ou de piercing, la loi oblige toutefois les professionnels à «prendre toutes les précautions raisonnablement nécessaires afin de prévenir la transmission de toute infection.» Ainsi, les aiguilles et autres instruments doivent être stériles. La composition des encres et bijoux est régulièrement analysée, afin de chasser ceux qui contiennent des produits cancérigènes ou interdits. L'OSAV rappelle que tout salon sérieux n'utilise que du matériel propre et neuf.

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