Environnement : La chenille balkanique passe à l'attaque
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Environnement La chenille balkanique passe à l'attaque

la «mineuse du marronnier», une larve de 5mm de long qui donne vie à un micro-papillon, prolifère en Europe. Des millions d'arbres sont menacés.

Le Cameraria ohridella est un petit lépidoptère dont la chenille ravageuse est appelée mineuse ou teigne minière du marronnier. Cet insecte qui était inconnu de la science avant les années 1980 est en quelques années, pour des raisons inconnues, devenu ravageur, infestant des millions de marronniers (Aesculus hippocastanum) dans presque toute l'Europe occidentale, provoquant le dessèchement du feuillage prématurément en été.

Le Cameraria ohridella est un petit lépidoptère dont la chenille ravageuse est appelée mineuse ou teigne minière du marronnier. Cet insecte qui était inconnu de la science avant les années 1980 est en quelques années, pour des raisons inconnues, devenu ravageur, infestant des millions de marronniers (Aesculus hippocastanum) dans presque toute l'Europe occidentale, provoquant le dessèchement du feuillage prématurément en été.

Si les feuilles des marronniers d'Inde, plantés au XIXe siècle pour abriter les élégantes de Paris ou de Vienne, roussissent et chutent déjà, ce n'est pas en raison d'un automne précoce mais d'une petite chenille venue des Balkans. L'insecte fait des ravages partout en Europe.

Cette «mineuse du marronnier», une larve de 5mm de long qui donne vie à un micro-papillon et se reproduit très vite, ne tue pas l'arbre mais l'affaiblit. Elle a été découverte en Macédoine en 1984.

Profitant de l'intensification des échanges et des transports, elle a migré vers le nord, l'est et l'ouest, «atteignant Vienne et les arbres ancestraux du château de Schönbrunn dès 1989, les premières zones françaises en 2000 et Londres en 2002», explique à l'AFP Sylvie Augustin, chercheuse en zoologie forestière.

Quasi-absente d'Espagne et d'Italie, la «mineuse du marronnier» résiste à des températures extrêmes et a touché les pays nordiques, s'attaquant exclusivement aux marronniers blanc ou d'Inde, au feuillage sombre et aux somptueuses fleurs roses ou blanches, emblématique des villes et des parcs et importé au XVIIe siècle comme arbre ornemental.

Printemps chaud

Le changement climatique, qui a accéléré la migration de la chenille processionnaire du pin vers le nord, ne serait pas responsable de la sienne, dit la chercheuse, qui explique toutefois son apparition cette année «avec un mois d'avance» par des températures printanières «très élevées».

«Les femelles pondent des oeufs minuscules au niveau des nervures, la première larve fait une galerie et les larves de deuxième et troisième génération l'agrandissent. On peut compter plus d'une centaine de larves par feuille», explique Mme Augustin.

A la mairie de Paris, Caroline Lohou, de la direction des espaces verts, constate avec tristesse les ravages de la chenille sur les marronniers d'alignement, dans les parcs, les jardins et les avenues plantés par le baron Haussmann, «17'000 à 20'000 arbres au total».

Feuilles brûlées

«Cette année, tout a démarré fin avril, début mai, explique-t- elle. On a des feuilles entièrement nécrosées. Cela provoque une fatigue de l'arbre. Petit à petit il s'épuise et est plus exposé à d'autres maladies car ses défenses immunitaires sont moins bonnes. Mais il n'y a pas de mortalité directe».

Selon elle, la chenille «prolifère beaucoup plus vite dans les endroits où on ne ramasse pas systématiquement les feuilles, notamment dans les grands parcs et les bois».

Pour ne pas utiliser de traitement insecticide toxique injecté dans le tronc de l'arbre, non autorisé en France et très coûteux, on ramasse et brûle les feuilles, selon Mme Augustin.

L'aide de la guêpe?

Les scientifiques recherchent aussi «des ennemis naturels» de la mineuse du marronnier. Ils en ont découvert un, une micro-guêpe qui la détruit et pourrait révolutionner la lutte biologique.

Selon David Lees, chercheur britannique du muséum d'Histoire naturelle de Londres, les recherches portent aussi sur des espèces de marronniers naturellement résistants (les marronniers rouges notamment) et des espèces hybrides.

En attendant, à Paris et dans d'autres régions, les jardiniers plantent des essences de plus en plus diversifiées, privilégiant notamment des espèces méditerranéennes en prévision du «réchauffement» climatique.

(ats)

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