WikiLeaks - Chine: La Chine moins influente qu'on ne le croyait
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WikiLeaks - ChineLa Chine moins influente qu'on ne le croyait

Principal soutien de la Corée du Nord, la Chine semble avoir moins d'influence sur le régime et être moins au fait de ses affaires internes que ne le pensait la communauté internationale.

Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Hong Lei, s'est refusé à tout commentaire.

Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Hong Lei, s'est refusé à tout commentaire.

Considérée comme le principal allié du régime de Kim Jong Il, la Chine semble moins au fait de ses affaires internes qu'on ne le pensait.

Pékin n'y apparaît pas non plus comme opposé à une réunification, sous conditions, des deux Corée.

Les autorités chinoises semblent ainsi peu au fait de plusieurs questions de politique nord-coréenne internes, telles que les préparatifs en cours de la succession du dirigeant Kim Jong Il, les projets d'enrichissement d'uranium ou son essai nucléaire.

Interrogés en juin 2009 sur le programme d'enrichissement d'uranium de la Corée du Nord, des responsables chinois affirment par exemple qu'il «n'en est qu'à sa phase initiale». Une estimation qui apparaît aujourd'hui comme bien en dessous de la réalité.

Surtout, Pékin ne s'opposerait pas nécessairement aux Etats-Unis et à la Corée du Sud en cas d'effondrement du régime nord-coréen, une éventualité qu'elle semble même avoir peu de moyens d'empêcher.

Les documents de WikiLeaks citent ainsi l'ancien ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Chun Yung-woo, expliquant en février à l'ambassadrice américaine Kathleen Stephens que la Chine «se satisferait d'une Corée réunifiée contrôlée par Séoul et ancrée dans le giron américain dans le cadre d'une 'alliance bénigne', tant que la Corée n'est pas hostile à la Chine».

Evoquant le manque d'influence de Pékin sur Pyongyang, M. Chun estime également que les opportunités économiques offertes par une Corée réunifiée pourraient finir de convaincre la Chine de ne pas interférer en cas d'effondrement du régime nord-coréen.

Si Chun Yung-woo exclut la possibilité d'une intervention militaire chinoise si la Corée du Nord venait à plonger dans le chaos, les câbles préviennent en revanche que Pékin ne tolérerait pas la présence de soldats américains au nord de la zone démilitarisée qui marque actuellement la frontière entre les deux Corées.

Les câbles diplomatiques dévoilés par WikiLeaks montrent également l'ancien ministre sud-coréen, estimant que le gouvernement de Pyongyang ne tiendrait pas plus de trois ans après la mort de Kim Jong Il. Le dirigeant nord-coréen a récemment enclenché le processus de transfert du pouvoir à son inexpérimenté fils cadet Kim Jong Un.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hong Lei, a refusé mardi de commenter les informations dévoilées par WikiLeaks. «La Chine soutient de manière constante le dialogue entre les parties Nord et Sud de la péninsule coréenne, afin d'améliorer leurs relations», a-t-il déclaré lors d'un point presse. (ap)

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