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Crise de la detteLa Chine se dit prête à davantage aider l'Europe

Le premier ministre chinois Wen Jiabao a déclaré vouloir aider l'Europe lors de l'ouverture d'un sommet sino-européen. La question préoccupe la Chine en raison de l'interdépendance des économies.

La Chine s'est dite «prête à participer davantage à la recherche d'une solution à la crise de la dette en Europe», par la voix de son Premier ministre Wen Jiabao, à l'ouverture mardi d'un sommet UE-Chine à Pékin.

M. Wen a fait cette déclaration en ouvrant avec le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy et celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ce 14e sommet qui doit être dominé par la dette européenne, une question qui préoccupe de plus en plus le gouvernement chinois en raison de l'interdépendance des économies.

Pas de précision sur le soutien pour l'instant

«Il appartient à la Chine de prendre ses propres décisions concernant sa contribution à la stabilité de l'eurozone», a répondu M. Van Rompuy à M. Wen, qui n'a pas fourni de précisions sur un soutien de la Chine à l'UE, son premier marché à l'exportation.

«Notre message du côté européen est que l'Europe est en train de faire ce qu'il faut, et continuera de faire ce qu'il faut, pour restaurer la confiance», a déclaré de son côté M. Barroso, prenant acte de l'inquiétude de Pékin sur la crise en Europe.

Régler le statut de l'économie de marché

Parallèlement à un soutien chinois accru, il semble que les discussions sur le statut d'économie de marché, que réclame la Chine depuis longtemps, pourraient avancer.

Lors du Forum économique de Dalian, en septembre dernier, M. Wen avait demandé que l'UE reconnaisse ce statut à la Chine avant 2016, date prévue par le calendrier de l'organisation mondiale du Commerce (OMC). Ce statut offrirait à la Chine de meilleures garanties d'accès au marché européen pour ses produits, en les mettant à l'abri de clauses antidumping.

Cette question, qui apparaît pour la première fois dans le communiqué conjoint, doit être réglée «de manière rapide et exhaustive», a dit M. Van Rompuy, assurant qu'il y avait «une volonté politique de chercher des solutions».

Des discours mais aucun engagement

Le Premier ministre chinois a déclaré que la Chine était «pleine de confiance dans son propre avenir» et qu'elle espérait «aussi voir l'Europe maintenir la stabilité et la prospérité».

La Chine a indiqué à plusieurs reprises sa volonté de participer au Fonds européen de stabilité financière (FESF), puis au Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit être mis en place en juillet.

Mais les responsables de la deuxième économie mondiale, dont les réserves de change frôlent les 3.200 milliards de dollars, n'ont pris aucun engagement chiffré.

L'Europe veut un meilleur accès au marché chinois

M. Van Rompuy a par ailleurs réitéré une requête usuelle de l'UE en demandant à Pékin un meilleur accès des Européens au marché chinois. Il est «nécessaire d'avoir un jeu à armes égales, un meilleur accès au marché (chinois) pour les entreprises de l'UE et une meilleure protection des droits de la propriété industrielle», a-t-il déclaré.

«Notre relation est solide. Nous avons fait beaucoup de chemin depuis l'établissement de notre partenariat stratégique global en 2003 (...) mais le potentiel reste énorme», avait aussi souligné M. Van Rompuy en ouvrant les discussions.

Les deux économies «sont devenues si interdépendantes qu'un changement dans le taux de croissance de l'un des deux partenaires stratégiques a un impact direct et palpable sur l'autre», a-t-il dit.

«La Chine est prête à discuter de tout, même des droits de l'Homme»

Enfin, Wen Jiabao a déclaré que la Chine était «prête à avoir un dialogue sur toutes les questions, y compris les droits de l'Homme», avec l'UE.

Pékin et Bruxelles entretiennent un dialogue régulier et loin des projecteurs sur cette question sensible, lors duquel sont soulevés notamment des cas particuliers. (afp)

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