Actualisé 25.07.2008 à 09:14

La chute d'un échafaudage devant la justice fribourgeoise

La justice se prononcera sur la chute d'un échafaudage qui avait coûté la vie à une jeune fille de 17 ans en mars 2006 à Fribourg.

Sept personnes sont poursuivies pour violation des règles de l'art de construire, homicide par négligence et, subsidiairement, homicide par dol éventuel, a annoncé vendredi le juge d'instruction en charge de l'affaire.

Le 3 mars 2006, un soir de tempête, une partie de l'échafaudage qui couvrait la façade de la Poste s'était effondrée près de l'entrée d'un bar à café. Coincée sous l'amas de métal, une adolescente avait perdu la vie et deux personnes avaient été blessées. Une enquête pénale avait été ouverte et un expert indépendant de l'EPFL mandaté afin d'établir les causes du drame.

Dans ses conclusions, l'expert qualifie les fautes commises de graves et inexcusables. L'échafaudage, dans sa configuration initiale, comportait de nombreux défauts. De plus, il n'était retenu que par neuf points d'ancrage, alors que le logiciel du constructeur faisait apparaître la nécessité de 24 ancrages pour une surface non-bâchée. L'échafaudage en cause était lui protégé par une bâche étanche sur une grande partie de sa surface, ce qui nécessitait un nombre considérable d'ancrages supplémentaires. Selon l'expert, l'échafaudage ainsi conçu ne se serait pas renversé de la même manière, mais se serait tout de même effondré sous l'effet des forts vents soufflant à 70 km/h, respectivement à 90 km/h pour les rafales le soir des événements.

Au cours des travaux, tous les points d'ancrage furent enlevés pour permettre la pose des nouveaux éléments de façade qui devaient être glissés au moyen d'une grue entre la façade et l'échafaudage. Les neuf points d'ancrage d'origine n'ont alors été remplacés que par trois ancrages au niveau de l'acrotère, qui plus est au moyen d'un matériel insuffisamment résistant. L'expert a calculé qu'un vent soufflant à une vitesse de 60 km/h aurait été suffisant pour faire céder les fixations et provoquer l'effondrement de l'échafaudage.

Un non-lieu

Les sept personnes renvoyées devant le Tribunal pénal de la Sarine sont le directeur des travaux, le responsable de l'entreprise qui a procédé au montage de l'échafaudage, le responsable sur place de la société qui a sous-traité les travaux de montage et qui avait un devoir de surveillance, les deux responsables d'entreprise qui ont ôté les points d'ancrages et leur ouvrier ainsi que le responsable de la société qui a sous-traité les travaux et qui avait, lui aussi un devoir de surveillance.

Le juge d'instruction Michel Morel a par contre rendu une ordonnance de non-lieu à l'égard du chef de projet. Ce dernier a mis en place une structure suffisante pour assurer la sécurité du chantier et éviter que, normalement, de tels événements ne se produisent. (ap)

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