Suisses de l'étranger: La Cinquième Suisse s'attaque aux banques

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Suisses de l'étrangerLa Cinquième Suisse s'attaque aux banques

Les 775'000 Suisses de l'étranger sont traités comme des citoyens de «seconde classe» par les banques. Tel est le constat de l'Organisation des Suisses de l'étranger.

Remo Gysin dénonce la discrimination dont sont victimes les Suisses de l'étranger.

Remo Gysin dénonce la discrimination dont sont victimes les Suisses de l'étranger.

Keystone

Les discussions n'ayant pas amélioré les relations entre les banques suisses et les Suisses établis à l'étranger, l'Organisation des Suisses de l'étranger (OSE) «passe à l'attaque» sur le plan politique. Elle a présenté jeudi une «stratégie en trois axes» pour mettre fin à une discrimination.

Discriminés

Les 775'000 Suisses de l'étranger considèrent qu'ils sont traités comme des citoyens de «seconde classe» et se sentent discriminés par les banques suisses. «Un modèle d'affaire qui exclut les Suissesses et les Suisses de l'étranger est discriminatoire, discrédite la place financière et nuit à la Suisse», a déclaré jeudi à Bâle Remo Gysin, président de l'OSE.

Gels d'avoirs, liquidation de comptes, suppression de cartes de crédit et refus de prestations sont le lot des Suisses de l'étranger depuis 2008. Les discussions avec les départements fédéraux concernés et les banques suisses n'ont pas permis de trouver des solutions à l'amiable à ces problèmes.

Banques systémiques

L'OSE a donc décidé d'agir sur trois axes. Les banques d'importance systémique d'abord: en contrepartie de la «garantie implicite» de la Confédération en cas de difficultés financières, ces établissements devraient être amenés à accepter les Suisses de l'étranger comme clients, estime l'organisation.

Les banques publiques ensuite: PostFinance et les banques cantonales disposent d'une «responsabilité particulière envers les citoyens suisses». L'OSE privilégie le dialogue, mais l'organisation «n'hésitera pas» à s'adresser aux gouvernements et parlements cantonaux si la situation n'évolue pas favorablement.

Les banques privées pour terminer: l'OSE «ne perd pas espoir» de les convaincre de traiter les Suisses établis à l'étranger comme elles traitent les Suisses de l'intérieur. L'organisation va donc continuer de discuter avec elles.

Motions

En mai dernier, le Conseil national a refusé, à trois voix près, une motion du conseiller national Roland Rino Büchel (UDC/SG) exigeant que tous les Suisses de l'étranger puissent ouvrir un compte dans une banque d'importance systémique. Le conseiller aux Etats Filippo Lombardi (PDC/TI) a déposé une motion similaire le 16 juin dernier.

La Commission de politique extérieure a déposé le 3 juillet dernier une motion exigeant que PostFinance étende aux Suisses de l'étranger ses prestations de service universel relatif aux paiements. En 2015, PostFinance a aboli les cartes de crédit pour ses clients établis à l'étranger.

Lieu de domicile

L'Association suisse des banquiers (ASB) souligne que les Suisses de l'étranger sont traités comme des clients étrangers dans les pays où ils résident. Pour les relations bancaires, c'est le lieu de domicile et pas la nationalité qui compte, a indiqué à l'ats une porte-parole de l'ASB.

Exiger que les clients suisses de l'étranger soient favorisés par rapport aux clients indigènes n'est pas acceptable. C'est une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprise. L'association est toutefois prête à dialoguer. La porte-parole a encore précisé qu'il existe parmi les 261 banques en Suisse de nombreux instituts qui proposent des prestations adaptées aux Suisses de l'étranger. (nxp/ats)

Des comptes aussi pour les Suisses de l'étranger

Raisonnable - Le Conseil fédéral doit garantir que tous les Suisses de l'étranger puissent détenir un compte dans une grande banque helvétique à des conditions raisonnables.

Majoritaire - Le National a beau avoir refusé une motion en ce sens et le gouvernement s'y opposer, une nouvelle demande s'annonce majoritaire au Conseil des Etats.

Des bases légales- Une motion de Filippo Lombardi (PDC/TI) cosignée par 35 conseillers aux Etats exige que le gouvernement crée les bases légales dans le cadre de la réglementation sur les banques trop grandes pour faire faillite («too big to fail»).

(NewsXpress)

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