Actualisé 19.12.2012 à 10:49

Berne

La classe politique juge l'amende d'UBS justifiée

La classe politique parle d'une seule voix pour juger l'amende reçue par UBS «appropriée» et «compréhensible». Elle se montre en revanche moins unie sur les conséquences politiques de ce scandale.

Le Parti socialiste estime «très compréhensible» que les autorités de surveillance de différents pays sanctionnent durement les coupables et les menacent de porter plainte. Dans un communiqué, le PS réclame le départ de Mark Branson, actuel membre de la direction de la FINMA et directeur d'UBS au Japon à l'époque où les taux Libor ont été manipulés.

Pour le PS, la présence du manager au sein de l'autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) porte atteinte à la crédibilité de cette dernière. Mark Branson s'était récusé en juin dans cette enquête.

La présence de Mark Branson au sein de la FINMA interpelle aussi les Verts. En exigeant, dans un communiqué, la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire (CEP), les écologistes veulent notamment savoir si la FINMA «a failli à ses devoirs et de quelles informations elle disposait dans le cas du scandale Libor».

Le président du PLR, Philipp Müller, juge «appropriée» l'amende de 1,4 milliard de dollars infligée à UBS. «C'est un scandale historique», a-t-il déclaré à l'ATS. Et le conseiller national argovien de réclamer que «les personnes responsables soient jugées».

La banque doit, quant à elle, tirer les leçons de ce scandale en renforçant les contrôles internes. «Il doit y avoir un changement culturel au sein de l'UBS», affirme M. Müller.

Pour le chef des libéraux-radicaux, il n'y a par contre pas matière à agir au niveau politique. Les instruments juridiques pour empêcher de telles pratiques existent déjà, selon le conseiller national. «Il suffit d'appliquer la loi.» Un avis partagé par l'UDC qui estime que les amendes reçues par le numéro un bancaire helvétique montrent que le système fonctionne.

La plus haute amende infligée par la FSA

Sa participation aux manipulations du taux Libor entraîne pour UBS au Royaume-Uni un record dont elle se serait bien passée. La banque helvétique a été frappée de la plus forte amende jamais prononcée jusqu'ici par la Financial Service Authority (FSA).

L'autorité de surveillance britannique des marchés financiers, en infligeant une amende de 160 millions de livres (près de 238 millions de francs), a tenu compte d'un rabais de 20% parce qu'UBS s'est montrée disposée à un arrangement, écrit mercredi la FSA dans un communiqué. La banque aurait pu encore mieux s'en tirer si elle avait collaboré plus tôt à l'enquête avec les autorités britanniques.

Les fautes imputées par la FSA à UBS rejoignent en grande partie celles dont l'ont chargée les autres instances de surveillance, à commencer par la FINMA, en Suisse. La FSA pointe spécialement du doigt le mélange de rôles qui permettait à des courtiers dont la rémunération dépendait de gains liés au Libor et à l'Euribor de fixer eux-mêmes les données servant à l'établissement de ces taux.

La FSA relève aussi que des collaborateurs d'UBS ont versé des pots-de-vin à d'autres courtiers afin d'influencer la fixation du taux Libor pour le yen nippon. Compte tenu d'au moins 2000 ordres écrits émis par ces collaborateurs, et d'un nombre non quantifiable d'arrangements oraux, la FSA estime que les taux de référence ont continuellement pu être influencés entre 2005 et 2010, ce qu'elle a jugé très grave. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!