Actualisé 15.01.2016 à 06:00

Etude

La clef du bonheur serait dans les gènes

Selon une étude, les porteurs d'une variation génétique sont moins anxieux et se disent plus heureux.

photo: Kein Anbieter/Image d'illustration - thephotographymuse - Flickr Creative Commons

Pourquoi les habitants du Ghana ou du Mexique se sentent-ils plus heureux que ceux de la Chine ou de la Jordanie? Grâce à un petit élément génétique qui diffère selon les populations, affirment des chercheurs dans une étude.

Les porteurs de cette variation génétique seraient moins sujets à l'anxiété et de ce fait plus enclins à se dire heureux, selon des travaux publiés jeudi dans «Journal of Happiness Studies» (Springer).

«C'est la première fois qu'une étude établit que les variations nationales en termes de bonheur (...) ont une composante génétique», affirment ses auteurs Michael Minkov, de l'université de management de Varna (Bulgarie) et Michael Harris Bond, de l'université polytechnique de Hong Kong.

Plaisirs sensoriels

Les scientifiques ont mis en évidence une corrélation entre un taux élevé de gens se disant heureux dans un pays et la présence importante d'une variation génétique dans ces populations.

Les pays les plus «heureux» sont ceux où l'on trouve la plus haute prévalence d'un «allèle A», un variant génétique qui empêche la dégradation de l'anandamide, une substance naturelle qui accroît les plaisirs sensoriels et diminue la douleur.

Ils se trouvent en Afrique de l'Ouest - Ghana et Nigeria notamment -, et en Amérique latine particulièrement au Mexique et en Colombie.

A l'inverse, les habitants de certains pays arabes (Algérie, Jordanie), qui ont une faible prévalence en allèle A, sont nettement moins enclins à se dire heureux. Mais aussi les populations de l'est de l'Asie, notamment la Chine et la Thaïlande.

Italiens et Espagnols lésés

En Europe, les Suédois, qui ont une forte prévalence d'allèle A, se sentent souvent très heureux. La France ne s'en tire pas trop mal. Mais les Italiens et les Espagnols, avec une faible prévalence d'allèle A, ne se disent pas très heureux.

«Se sentir heureux, détendu et de bonne humeur ne dépend donc pas de la prospérité et de la sécurité d'un pays», relève le professeur Minkov.

Pour leur étude, les chercheurs ont travaillé sur les données du World Values Survey, projet international sur l'évolution des valeurs et des croyances dans le monde. Les chiffres portent sur la période 2000 à 2014. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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