Actualisé 09.04.2020 à 00:07

Coronavirus

La coalition annonce un cessez-le-feu au Yémen

Afin de prévenir la propagation de la pandémie, la coalition militaire menée Ryad observera un arrêt des combats dès jeudi.

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Keystone
La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

AFP
La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

AFP

La coalition militaire menée par l'Arabie saoudite, qui intervient au Yémen en soutien aux forces gouvernementales, a annoncé un cessez-le-feu de deux semaines à partir de jeudi, pour prévenir une propagation du coronavirus.

En dépit d'un appel au cessez-le-feu promu par les Nations Unies en mars, les violences s'étaient récemment accrues au Yémen, pays ravagé par un conflit armé, et qui n'a officiellement enregistré aucun cas d'infection.

«Nous annonçons un cessez-le-feu à partir de (jeudi) pour deux semaines. Nous nous attendons à ce que les (rebelles) Houthis acceptent. Nous préparons le terrain pour lutter contre la maladie du Covid-19», a déclaré mercredi un responsable saoudien. Selon lui, ce cessez-le-feu unilatéral entrera en vigueur jeudi à 9h00 GMT (11 h suisses).

Pas de réaction du côté des Houthis

Les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, n'ont pas réagi dans l'immédiat à cette offre. La coalition a la ferme intention de respecter ces deux semaines de cessez-le-feu, tout en se réservant le droit de se défendre en cas d'attaque, a encore rapporté le responsable saoudien. Le cessez-le-feu peut être prolongé si les Houthis répondent «de manière positive» au geste de la coalition, a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a salué l'annonce de la coalition militaire, qui «peut aider à faire avancer les efforts de paix ainsi que la réponse du pays à la pandémie de Covid-19».

«Ce n'est que par le dialogue que les parties pourront se mettre d'accord sur un mécanisme permettant de maintenir un cessez-le-feu à l'échelle nationale» et sur «la reprise d'un processus politique pour parvenir à un règlement global» du conflit, a souligné Antonio Guterres dans un communiqué.

Système de santé exsangue

Le 23 mars, il avait lancé un appel «à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde» afin de préserver, face à la «furie» du Covid-19, les civils les plus vulnérables dans les pays en guerre. Il a invité mercredi «le gouvernement et les Houthis à s'engager, de bonne foi et sans conditions préalables, dans des négociations» facilitées par l'émissaire spécial de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths. Ce dernier a de son côté appelé les belligérants à «saisir cette occasion et cesser immédiatement toutes les hostilités», dans un communiqué.

La guerre au Yémen oppose depuis cinq ans des adversaires locaux, soutenus par des puissances régionales rivales. Le gouvernement reconnu par la communauté internationale, appuyé depuis 2015 par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite, se bat contre les Houthis.

Confronté à la pire crise humanitaire au monde, le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, n'a enregistré jusqu'ici aucun cas d'infection à la maladie Covid-19. Mais les organisations humanitaires craignent une catastrophe si le pays était touché par le nouveau coronavirus. Avec un système de santé exsangue et une pénurie d'eau potable, le Yémen a déjà été frappé par des épidémies comme la dengue ou le choléra.

La guerre a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, d'après diverses ONG, et environ 24 millions de Yéménites, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'aide humanitaire, selon les Nations unies. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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