Lettonie: La coalition de centre-droit termine en tête
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LettonieLa coalition de centre-droit termine en tête

La coalition sortante de centre-droit a remporté samedi les élections législatives en Lettonie. Le parti d'opposition des russophones a lui perdu sa place de première formation au parlement, selon des sondages sortie des urnes.

Le scrutin qui s'est déroulé à l'ombre de la politique agressive de la Russie en Ukraine, a apporté à la coalition sortante 63 sièges dans une chambre qui en compte cent, selon un sondage de l'institut SKDS. D'après ces projections, la principale force de la coalition, Unité, obtient 25 sièges, tandis que le parti des russophones, Harmonie (opposition, gauche), en totalise 23.

«C'est un vote de confiance dans le parti Unité et dans la coalition. (...) Cela veut dire que les gens veulent que nous continuions notre travail», s'est félicitée la présidente du parlement sortant Solvita Aboltina à la télévision publique.

Participation proche de 60%

Les deux autres membres de la coalition, l'Alliance nationale, et Verts et Paysans, sont crédités de 19 sièges chacun. Les résultats officiels étaient attendus seulement dimanche après-midi. La participation devait atteindre entre 57 et 58%, soit une légère baisse par rapport au chiffre de 59% en 2011.

Si Unité est clairement le principal vainqueur de ce scrutin, on ignorait dans l'immédiat si le président Andris Berzins allait demander à la première ministre sortante Laimdota Straujuma, de former le nouveau gouvernement. Plusieurs analystes estimaient qu'il pourrait lui préférer l'ex-commissaire européen au développement Andris Piebalgs.

L'annexion de la Crimée par la Russie et l'intervention de ce pays dans l'Est de l'Ukraine avaient fortement marqué le climat électoral en Lettonie, petit pays balte de deux millions d'habitants, membre de l'OTAN et de l'UE.

Admirateur de Poutine

Le chef du parti Harmonie, soutenu par l'importante minorité russophone qui représente quelque 25% de la population, le populaire maire de Riga Nils Ushakovs, se déclare admirateur du président russe Vladimir Poutine. Harmonie est lié au parti de M. Poutine par un accord de coopération.

Aussi, après avoir glissé son bulletin dans l'urne, Mme Straujuma, une technocrate de 63 ans, a-t-elle estimé qu'«il était important pour la sécurité du pays que le parti Harmonie ne reçoive pas trop de voix (...). Je veux la stabilité», a poursuivi la chef du gouvernement sortant, avant de souligner qu'elle «ne partageait pas l'opinion que Poutine soit le meilleur président possible pour la Russie», comme le clame M. Ushakovs.

Peu de changements

Le résultat du vote apporte finalement peu de changements. «C'est plus ou moins la même coalition, et les rapports de forces ne changent que légèrement, avec Unité qui devient plus puissante», a dit à l'AFP un professeur de sciences politiques de l'Université de Lettonie, Ivars Ijabs. Il se dit sceptique sur d'éventuels changements de cap à venir dans la politique lettonne.

Cependant, «la probabilité de voir quelqu'un d'autre occuper le fauteuil de Mme Straujuma est assez élevée», a-t-il ajouté.

A côté de la peur du grand voisin, l'autre thème de la campagne électorale était la situation économique dans un pays où l'arrivée du capitalisme a accentué les différences de niveau de vie. La Lettonie a opéré un rétablissement spectaculaire après la crise de 2008-2009, quand sa production avait baissé de près d'un quart.

Mais c'était au prix de mesures d'austérité douloureuses ayant laissé des traces. Les chiffres sont redevenus bons depuis : la croissance a atteint 4% l'année dernière, un record à l'échelle de l'UE. On s'attendait à près de 5% cette année, marquée par l'adhésion de la Lettonie à l'euro. Mais l'embargo imposé par Moscou en réponse aux sanctions européennes touche durement les pays baltes dont les économies sont encore liées à celle de la Russie. (ats)

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