Actualisé 12.06.2009 à 10:05

Grossesse et toxicomanie

La cocaïne et l'héroïne nuisent au placenta

La cocaïne et l'héroïne rendent le placenta plus perméable.

Tel est le constat de chercheurs de l'hôpital universitaire de Zurich. Chez les toxicomanes enceintes, des substances toxiques peuvent donc plus facilement atteindre le foetus.

L'équipe d'Ursula von Mandach et d'Antoine Malek de la clinique d'obstétrique de l'hôpital a examiné les effets de la méthadone, utilisée en thérapie seule ou en combinaison avec la cocaïne ou l'héroïne, sur le placenta. Le but de l'étude publiée dans la revue spécialisée «Reproductive Biology and Endicronology» était de savoir à quels dangers sont exposés les enfants de femmes toxicomanes.

Une abstinence complète est impossible pour beaucoup de droguées qui se retrouvent enceintes. La méthadone est alors la thérapie choisie dans la plupart des cas, a expliqué à l'ATS Ursula von Mandach. Or, des études montrent que plus de la moitié de ces futures mères dépendantes consomment secrètement d'autres drogues.

Plus sensibles aux maladies

En laboratoire, les chercheurs ont raccordé 24 placentas de femmes qui avaient accouché par césarienne à un système de circulation sanguine artificiel. Pour mesurer la perméabilité des tissus, ils ont utilisé de l'antipyrine. «Partout dans le monde, l'antipyrine est utilisée pour ce genre de tests», précise Antoine Malek.

Il est apparu que la quantité d'antipyrine passée à travers le placenta dans le système sanguin du foetus augmente nettement si de la cocaïne ou de l'héroïne ont été administrées en même temps que la méthadone.

Cette augmentation de la perméabilité pourrait conduire au fait que le foetus absorbe encore davantage de toxines quand la mère fume. Des agents infectieux comme des virus et des bactéries peuvent aussi entrer plus facilement dans l'organisme de l'enfant à naître.

Nourrissons en désintoxication

L'étude zurichoise montre par ailleurs que la cocaïne et l'héroïne n'augmentent pas la transmission de méthadone. Les chercheurs ont fait cette observation parce que cette drogue de substitution présente des désavantages elle aussi: près de 80 % des nouveaux-nés dont les mères ont été traitées à la méthadone durant leur grossesse souffrent d'un syndrome de désintoxication néonatal.

Selon les chercheurs, il est important que les femmes toxicomanes s'en tiennent strictement à la méthadone durant leur grossesse. Les dangers encourus en consommant d'autres drogues sont très grands comme un accouchement prématuré ou un décollement du placenta.

«Les thérapeutes devraient presser ces femmes à se faire encadrer et accompagner de près lorsqu'elles suivent un programme de remise de méthadone», souligne Mme von Mandach. L'encadrement interdisciplinaire des femmes enceintes et des nouveaux-nés a d'ailleurs fait ses preuves dans les départements de gynécologie.

(ats)

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