Actualisé 27.07.2015 à 17:08

France

La colère des agriculteurs n'est pas éteinte

Le chef de l'Etat a beau assurer être «à leur côté», les agriculteurs français ont relancé lundi leur mobilisation en érigeant notamment des barrages en Alsace à la frontière avec l'Allemagne pour refouler les camions chargés de produits agroalimentaires étrangers.

Les actions des agriculteurs devraient se poursuivre lundi.

Les actions des agriculteurs devraient se poursuivre lundi.

«On lève les barrages dans l'immédiat», a déclaré le président de la FDSEA du Bas-Rhin, Franck Sander, tout en précisant que les agriculteurs du département resteraient mobilisés «en attendant des résultats».

«D'ici à la fin du mois d'août, il y a des choses qui vont se passer», a-t-il dit. Il a laissé notamment entendre que des actions pourraient viser la grande distribution et «ceux qui ne jouent pas le jeu» des engagements pris auprès des pouvoirs publics.

Les agriculteurs du Bas-Rhin avaient établi depuis dimanche vers 22h00 des barrages sur six passages routiers entre la France et l'Allemagne, dont cinq ponts, visant uniquement les camions venant d'outre-Rhin et transportant des produits agroalimentaires ou des matières premières agricoles.

Millier de personnes

Ces actions visaient à dénoncer les «distorsions de concurrence» dont ils s'estiment les victimes au profit de leurs homologues étrangers, en raison de la «surenchère de normes» en France et des différences entre les coûts de la main-d'oeuvre.

Ils souhaitent évoquer ce problème lors d'un rendez-vous avec le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, dont le principe a été acté lundi après-midi avec le préfet.

Les agriculteurs ont contraint entre 300 et 400 camions étrangers à rebrousser chemin à la frontière, selon les sources syndicales. Plus d'un millier d'agriculteurs (éleveurs et cultivateurs) s'étaient mobilisés pour se relayer sur ces barrages.

Les agriculteurs bas-rhinois avaient reçu tôt lundi matin la visite du président Les Républicains du Conseil régional, Philippe Richert.

Soutenus par l'opposition

L'ancien ministre chargé des Collectivités territoriales leur a apporté son soutien. Il a critiqué les mesures gouvernementales qui «ne sont guère plus que le recyclage de mesures ou de dispositifs déjà existants et ne sont pas à la hauteur des difficultés structurelles que rencontre la profession».

Toujours dans le nord-est, en Meurthe-et-Moselle, entre 100 et 150 agriculteurs ont dressé lundi matin un barrage filtrant au péage de Gye, sur l'A31, visant également les camions transportant des produits étrangers.

Dans le sud-ouest, un barrage filtrant érigé dans la nuit en Haute-Garonne a été levé lundi vers 02h00, selon les représentants syndicaux et les gendarmes, après plusieurs dizaines de contrôles de camions venant d'Espagne.

Des opérations dans des supermarchés étaient prévues en Ariège lundi. A Saint-Girons, une centaine de manifestants ont investi une grande surface, confisquant 300 kilos de viande pour la distribuer à des associations caritatives, a affirmé Joël Venturin, de la FDSEA du département.

Accord auparavant

Dans l'Ouest, plusieurs centaines d'agriculteurs sont entrés au volant de leurs tracteurs sur une autoroute fermée à la circulation, a constaté un photographe de l'AFP sur place.

En déplacement lundi dans le Var, le président François Hollande a à nouveau promis le soutien du gouvernement. «Que les agriculteurs soient sûrs, actions ou pas actions, que nous sommes à leur côté», a-t-il lancé. Le président a estimé que certains prix devaient être relevés et que les origines des produits devaient «être bien précisées».

Des accords sur le relèvement des prix du boeuf, du porc et du lait ont été conclus la semaine dernière et le gouvernement a annoncé un plan qui déclenchera un soutien pouvant aller jusqu'à 1,1 milliard d'euros.

Lundi, la fédération allemande de l'industrie laitière MIV a adressé un courrier à la Commission européenne dénonçant certaines mesures prises en France, notamment une préférence nationale accordée au lait français. (ats)

Hollande sur les agriculteurs: «Nous sommes à leurs côtés»

François Hollande a de nouveau promis lundi, lors d'un déplacement dans le Var, le soutien du gouvernement aux agriculteurs. Les déclarations du président interviennent alors qu'ils ont mis en place des blocages aux frontières avec l'Allemagne et l'Espagne. «Que les agriculteurs soient sûrs, actions ou pas actions, que nous sommes à leurs côtés», a lancé le président à la presse alors qu'il assistait à des manoeuvres anti-incendie à Bormes-les-Mimosas. «Nous devons agir. Notre ministre de l'agriculture a fait en sorte que nous puissions faire la pression nécessaire sur les distributeurs, les transformateurs, les abatteurs», a expliqué le président. «Nous avons des prix à relever, cela fait partie aussi de ce que les consommateurs doivent comprendre. Il y a aussi des origines qui doivent être bien précisées, parce que nous avons aussi le devoir de consommer ce que nous produisons ici dans notre pays. Et puis il y a l'approvisionnement dans nos cantines, dans nos lieux de vie collective, là aussi il y a un effort à faire», a affirmé le chef de l'Etat.

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