Publié

CoronavirusLa colère des cantons romands après les décisions du Conseil fédéral

Les éventuelles nouvelles mesures contre le Covid-19 présentées mardi par Simonetta Sommaruga et Alain Berset ont provoqué de vives réactions en Suisse romande. L’ensemble des gouvernements cantonaux de ce côté de la Sarine préparent une réponse commune.

Les cantons romands redoutent que le Conseil fédéral ne prenne des mesures valables pour tout le pays alors qu’ils ont fait beaucoup d’efforts pour freiner la propagation du virus.

Les cantons romands redoutent que le Conseil fédéral ne prenne des mesures valables pour tout le pays alors qu’ils ont fait beaucoup d’efforts pour freiner la propagation du virus.

KEYSTONE

Le Gouvernement jurassien n’a pas caché mercredi son irritation après l’annonce par le Conseil fédéral d’éventuelles nouvelles mesures contre le Covid-19. Un sentiment partagé par l’ensemble des gouvernements cantonaux romands qui préparent une réponse commune, a annoncé le ministre jurassien Jacques Gerber.

«Les annonces du Conseil fédéral hier à 18h30 ont surpris et ont également irrité l’ensemble des gouvernements cantonaux romands, je peux vous l’assurer», a déclaré le ministre jurassien Jacques Gerber lors des questions orales au Parlement. «Nous avons été en contact quasi toute la nuit pour définir une stratégie», a-t-il ajouté.

Une prise de position commune est en cours d’élaboration au sein de l’ensemble des gouvernements cantonaux romands, a précisé le ministre jurassien de la santé et de l’économie. «Nous allons réagir fortement envers le Conseil fédéral dans la prise de position», a ajouté le ministre au nom de l’exécutif jurassien.

«Devant le fait accompli»

Le Gouvernement jurassien n’a pas non plus apprécié la façon dont le Conseil fédéral a communiqué. «C’est la première fois depuis le début de cette crise que le Conseil fédéral nous met devant le fait accompli. Il va à la presse avant d’avoir consulté les cantons», a relevé Jacques Gerber.

Les cantons romands redoutent que le Conseil fédéral ne prenne des mesures valables pour tout le pays alors qu’ils ont fait beaucoup d’efforts pour freiner la propagation du virus. Ils estiment qu’une telle mesure les pénaliserait fortement.

Le canton du Jura pourrait se retrouver dans une situation ubuesque. Les restaurants pourraient en effet ouvrir jeudi deux jours jusqu’à 23h00 puis devraient refermer à 19h00 dès samedi si les mesures du Conseil fédéral entrent en vigueur.

Élus valaisans opposés aux annonces de Berne

En Valais, le conseiller d’État Christophe Darbellay parle «d’incohérence» à propos de l’annonce mardi soir par le Conseil fédéral d’éventuelles nouvelles mesures face au coronavirus. Philippe Nantermod, conseiller national (PLR/VS), la qualifie «de désordonnée et scandaleuse».

«C’est le Conseil d’État valaisan dans son ensemble qui répondra à cette consultation et aux propositions du Conseil fédéral», a déclaré Christophe Darbellay au Nouvelliste. Mais le conseiller d’État a indiqué à titre personnel, qu’il était surpris par une prise de position «aussi radicale» de la part du Conseil fédéral.

Il a également publié sur Facebook une réaction: «Le Conseil fédéral a misé sur le fédéralisme. Les Romands ont assumé. Pourquoi les mépriser ce soir?» Concernant les mesures mises en consultation auprès des cantons, Christophe Darbellay s’oppose à une fermeture des restaurants à 19h00, peut-on lire dans Le Nouvelliste.

Mesures différenciées

Philippe Nantermod, conseiller national (PLR/VS) appelle sur les réseaux sociaux à des mesures différenciées selon les cantons et leur situation. Il qualifie l’annonce du Conseil fédéral de «réponse tardive, désordonnée, scandaleuse à l’égard de ceux qui veulent reprendre leur activité après plus d’un mois d’arrêt».

«Le Conseil fédéral avait refusé d’agir lorsque les chiffres s’envolaient. Aujourd’hui, à quelques jours d’un retour vital pour une économie qui ne peut se contenter des aides publiques promises par des politiciens qui n’ont aucune idée de la gestion d’entreprise, voilà que le gouvernement impose une punition collective à la Suisse», écrit-il.

(ATS/NXP)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!