Actualisé 30.09.2011 à 09:13

Art brut à LausanneLa Collection s'offre un VIP peu commun

Fait rarissime, le musée a pu faire venir la star de sa nouvelle exposition, un Américain autiste.

de
Raphaël Pomey
Gregory L. Blackstock, en plein travail, hier matin à la Collection de l'Art brut

Gregory L. Blackstock, en plein travail, hier matin à la Collection de l'Art brut

Les créateurs d'art brut sont le plus souvent morts quand leur oeuvre perce au grand jour, ou incapables de faire face au public. Le dessinateur Gregory L. Blackstock n'est pas fait du même bois. Non seulement l'habitant de Seattle était présent, hier, à la présentation de son expo à la Collection de l'A

art brut, mais il semblait aussi s'amuser comme un gosse.

En juillet, cet autiste a reçu la visite de la directrice du musée, Lucienne Peiry. Dans sa ville, elle a découvert l'unique restaurant ou l'auteur engouffre ses pancakes, et l'unique pièce, à l'abri de la lumière du jour, où il dessine frénétiquement.

Son truc? Reproduire des nombres insensés de planches classifiant oiseaux, insectes, fouets et autres. Et, comme il adore les avions et tout ce qui fait du boucan, Blackstock s'est trouvé tout heureux de traverser l'Atlantique pour montrer son travail. Une première exposition en Europe pour lui. «Comme il parle fort, nos retrouvailles ne sont pas passées inaperçues à l'aéroport», rigole la directrice. Loin de chez lui, l'artiste a déjà recréé son univers. Devant les médias, il a passé hier sa fin de matinée à bosser sur de nouveaux oiseaux. «On doit parfois lui dire d'arrêter», raconte sa cousine et «protectrice» Dorothy Fritsch.

Car s'il vit de manière à peu près autonome, l'artiste peine à se modérer, d'où de grosses douleurs aux doigts. Loin de son resto fétiche, l'Américain a découvert hier une place où il a pu se régaler de sorbets. Une future planche?

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!