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SlovénieLa Commission baleinière présidée par la Suisse

Bruno Mainini a été nominé à la présidence de la Commission baleinière internationale (CBI), qui se réunissait jeudi à Portoroz, en Slovénie.

Bruno Mainini (à droite) avait déjà été nommé en 2012 à la présidence de la CBI pour un an.

Bruno Mainini (à droite) avait déjà été nommé en 2012 à la présidence de la CBI pour un an.

La Commission baleinière internationale (CBI) a mis la pression sur le Japon jeudi en adoptant des critères plus stricts pour encadrer la chasse scientifique et en refusant à nouveau d'autoriser l'archipel à pêcher près de ses côtes. L'organisation sera présidée par la Suisse durant les deux prochaines années.

Avec la nomination de Bruno Mainini, le rôle de médiation de la Suisse se trouve renforcé, s'est félicité l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) dans un communiqué. Biologiste à la Conservation des espèces de l'OSAV, M. Mainini représente la Confédération au sein de la CBI depuis 2005.

En 2012, M. Mainini avait déjà été nommé à la présidence de la CBI pour un an. Au cours des deux prochaines années, il dirigera, entre autres, en tant que président du Bureau, la mise en oeuvre des décisions prises par la CBI, ajoute l'office fédéral.

Condamnation du Japon par la CIJ

Le texte portant sur la chasse scientifique, adopté par 35 voix contre vingt et cinq abstentions, reprend les principaux critères de la Cour internationale de justice (CIJ). Cette instance onusienne avait reconnu, en mars, le Japon coupable de chasser en Antarctique à des fins commerciales sous couvert de recherche scientifique.

«La décision très importante de la CIJ porte sur la manière d'évaluer un programme scientifique», a expliqué à l'AFP Gerard Van Bohemen, le chef de la délégation néo-zélandaise, à l'origine du texte adopté jeudi à l'issue de la session organisée à Portoroz (Slovénie).

Les critères retenus par la CIJ, et repris par la résolution, sont par exemple le lien entre la taille des échantillons et les objectifs poursuivis, l'étude de moyens non létaux pour atteindre ces objectifs, la pertinence des objectifs au regard de la préservation et de la gestion des cétacés.

Décision saluée par les ONG

Les ONG présentes à Portoroz en tant qu'observateurs, qui considèrent le jugement de la CIJ comme «un tournant», ont salué ce résultat. Une «victoire cruciale» et «un grand pas en avant pour consolider la promesse du jugement de la CIJ», a réagi Patrick Ramage, chargé des cétacés au Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw).

Pour Aimée Leslie du WWF, «c'est une décision marquante (...) qui, si elle est respectée, devrait stopper la chasse illégale aux baleines au nom de la science».

Résolution non contraignante

Les résolutions adoptées par la Commission baleinière ne sont pas légalement contraignants pour ses membres. Le commissaire adjoint japonais Hideki Moronuki a d'ailleurs souligné que le texte adopté «n'interdit pas la chasse scientifique».

Le positionnement de la CBI fait toutefois monter d'un cran la pression sur le Japon pour qu'il cesse de chasser en Antarctique. L'archipel a réaffirmé à Portoroz qu'il «respecterait la décision de la CIJ», une juridiction onusienne. Il a aussi confirmé qu'il renonçait pour la saison 2014-2015 à chasser dans l'océan austral.

Mais Tokyo a aussi annoncé qu'il soumettrait «d'ici la fin de l'année» un nouveau programme scientifique pour la saison 2015-2016. Il ne renonce donc pas à chasser les cétacés dans l'océan austral, où se trouve l'un des deux sanctuaires existants pour les baleines.

En 2013, les baleiniers japonnais ont harponné 417 baleines en Antarctique et 115 dans le Pacifique nord-ouest.

Pas de sanctuaire dans l'Atlantique sud

La CBI a par ailleurs rejeté le projet de création d'un sanctuaire en Atlantique sud, cher aux latino-américains.

Il existe un moratoire pour la chasse à la baleine depuis 1986. La CBI prévoit toutefois des exceptions pour la science et la chasse aborigène dans quelques communautés (Groenland, Sibérie, Alaska notamment). La Norvège et l'Islande, membres de la CBI, ont émis des réserves au moratoire et pratiquent la chasse commerciale.

De nombreux chercheurs estiment qu'aujourd'hui la recherche sur les baleines ne requiert pas d'en tuer: des biopsies peuvent notamment être réalisées sur les nombreux animaux échoués. (ats)

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