Actualisé 11.11.2008 à 17:43

Programme d'armement 2008

La commission du National donne son feu vert

Le programme d'armement 2008 devrait finir par passer la rampe du Parlement en décembre. La commission de la politique de sécurité du Conseil national a recommandé mardi au plénum de l'accepter, par 15 voix contre 8.

L'UDC semble avoir retourné sa veste et soutient désormais le programme d'armement devisé à 917 millions. L'opposition dans la commission vient de la gauche (trois Verts et cinq socialistes). Le camp rose-vert s'est retrouvé seul à défendre les amendements qu'il avait déjà déposés lors du premier examen.

La majorité de la commission a refusé de biffer l'achat de 220 véhicules protégés de transport de personnes (369 millions de francs). Elle a également dit non à un report de la décision sur l'enveloppe de 404 millions destinée à la mise à jour des avions de combat FA-18.

Les socialistes, qui souhaitent lier ce crédit à l'achat de nouveaux appareils pour remplacer les F-5 Tiger, avaient déjà formulé une telle revendication en septembre. Faute d'avoir été suivis, ils avaient alors uni leur voix à celles des écologistes et des UDC pour refuser le programme d'armement.

Geste de bonne volonté

Les démocrates du centre avaient alors motivé leur décision par la nécessité de prendre sans attendre des mesures pour améliorer la conduite de l'armée. Les garanties fournies depuis par le Département fédéral de la défense (DDPS) semblent désormais leur suffire.

«Le DDPS nous a assurés que des nouveaux chefs seront nommés avant la fin de l'anné à la tête de l'armée et des forces aériennes», a précisé Toni Bortoluzzi (UDC/ZH), membre de la commission. «Nous exigeons toujours le départ de Samuel Schmid, mais c'est à lui de décider quand il veut démissionner. Ce qui compte, c'est l'armée: nous devons en prendre soin.»

Pour Bruno Zuppiger (UDC/ZH), président de la commission, ce vote est un geste de bonne volonté. Il a toutefois tenu à garder une part de suspense concernant la décision que prendra le National vraisemblablement le mardi 9 décembre, soit la veille de l'élection de Samuel Schmid à la vice-présidence de la Confédération.

La commission a en effet chargé le ministre de la défense de présenter d'ici au 1er décembre un rapport de suivi avec des mesures destinées à corriger les dysfonctionnements de l'armée, ainsi que le calendrier de leur mise en oeuvre. Il s'agira aussi de faire le point sur l'obligation de servir et le nombre grandissant de personnes réformées.

Le groupe UDC décidera définitivement le 2 décembre s'il soutiendra le programme au parlement. Un deuxième refus du Conseil national marquerait l'enterrement du projet.

«L'armée de nos grands-pères»

Pour la gauche, le revirement de l'UDC est un coup dur. Tant le PS que les Verts s'attendent maintenant à ce que la majorité bourgeoise l'emporte et vote en faveur du programme lors de la session parlementaire de décembre.

Le président du PS Christian Levrat (FR) estime que cette décision de la commission montre «une mauvaise compréhension des intérêts de la Suisse en matière de politique de sécurité.» Selon lui, les vraies menaces sont ailleurs: elles sont environnementales et électroniques.

«Je vois mal comment on peut lutter contre cela avec des FA-18. C'est l'armée de nos grands-pères qu'ils ont votée», conclut le parlementaire fribourgeois. (ats)

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