Actualisé 12.10.2008 à 20:54

Crise financière

La communauté internationale tente d'afficher sa solidarité

Réunis d'urgence à Paris dimanche, les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord sur un plan pour faire face à la crise financière.

Il prévoit notamment une garantie des prêts interbancaires. A Washington, le G7 et le FMI ont affirmé être prêts à agir.

Les 15 Etats membres de l'Eurogroupe vont garantir les crédits interbancaires pour une période temporaire, jusqu'au 31 décembre 2009, a annoncé le président français Nicolas Sarkozy à l'issue du sommet. Ils se sont également engagés à empêcher leurs banques importantes de faire faillite, notamment en procédant à des opérations de recapitalisation.

Aucun montant global n'a été annoncé, mais l'Allemagne, la France, l'Italie «et d'autres» pays présenteront lundi après-midi de façon «simultanée» les détails de leurs plans de sauvetage, selon M. Sarkozy. Les décisions prises seront «efficientes avant la fin de la semaine», y compris «dans leur traduction législative», a- t-il précisé.

«Nous avons adopté une boite à outils à la disposition des Etats membres», a déclaré le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. «Nous n'avons pas le droit d'échouer et nous n'échouerons pas», a-t-il ajouté.

L'Union européenne va demander aux Etats-Unis l'organisation d'un sommet pour «refonder le système financier international», a encore déclaré le président français.

G7

La réunion de l'Eurogroupe visait à «mettre du muscle sur le squelette» que constitue la déclaration de principes adoptée vendredi par les sept grands pays industrialisés (G7).

La réunion du G7 s'est élargie samedi soir au «G20», en accueillant de grands pays émergents comme l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine et l'Inde. Sans être annoncé, le président américain George W. Bush, qui a participé à cette réunion ministérielle, a reconnu que la crise était venue de son pays.

George W. Bush et le G7 ont dit vouloir apporter «une réponse sérieuse à l'échelle mondiale» pour combattre la crise. «Chacun d'entre nous reconnaît qu'il s'agit d'une grave crise mondiale et par conséquent elle requiert une réponse sérieuse à l'échelle mondiale», a déclaré le président américain à la Maison Blanche, à l'issue d'une réunion avec les ministres.

Le FMI prêt à agir

Le Fonds monétaire international (FMI), qui réunit 185 pays, a apporté samedi son soutien à ce plan et s'est dit prêt à aider les pays victimes de la crise financière. Le FMI doit être prêt à mettre rapidement des ressources substantielles à la disposition des pays touchés, a affirmé son instance politique.

«Certains pourraient avoir un problème de liquidités. Le Fonds est là, il a été créé pour cela, et nous sommes prêts à fournir aux différents pays qui le désireraient les liquidités dont ils ont besoin», a dit le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

L'instance dirigeante du FMI a donné mandat à M. Strauss-Kahn pour tirer les leçons de la crise et recommander des mesures pour rétablir la confiance et la stabilité du système financier d'ici au mois d'avril 2009.

Suisse représentée à Washington

La conseillère fédérale Doris Leuthard et le président de la Banque nationale suisse (BNS) Jean-Pierre Roth, présents à la réunion du FMI, ont plaidé pour un système bancaire mieux capitalisé et moins endetté.

La cheffe du Département fédérale de l'économie (DFE) n'a pas écarté une croissance inférieure à 1% l'an prochain en Suisse si la crise persiste, voire une récession technique. Le résultat dépendra notamment du comportement de l'Allemagne, son principal partenaire commercial, a-t-elle estimé. (ats)

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