Actualisé 04.04.2008 à 13:09

La commune de Mörel (VS) se défend d'avoir abusés de dons

La présidente de Mörel (VS) a nié tout mensonge dans l'affaire des dons à sa commune suite aux intempéries de 2000.

Chaque franc a été utilisé pour les dégâts, mais «il est très difficile de prouver quelque chose que l'on a pas commis».

Lors du procès en appel devant le tribunal cantonal valaisan vendredi, le procureur a demandé confirmation des condamnations du tribunal de première instance. La présidente et le secrétaire communal avaient écopé de respectivement huit et quatre mois de prison avec sursis.

Les deux accusés ont plaidé l'acquittement. Selon les défenseurs, le dossier contient trop d'approximations et de conditionnels. La défense a aussi contesté le point principal de l'accusation: celui de l'utilisation illégitime des dons récoltés par l'»Aargauer Zeitung».

Dons détournés

Pour le procureur, les deux accusés se sont rendus coupables d'abus de confiance. Le montant de 711 687 francs collecté par le journal argovien devait servir à la reconstruction du réseau d'eau potable. Il a finalement été utilisé pour financer le remboursement des travaux de rénovation de l'école.

La présidente est aussi coupable d'escroquerie pour avoir omis d'annoncer ce montant à la comptabilité des intempéries. La commune a ainsi indûment touché de la Chaîne du Bonheur une somme équivalente. Le remboursement ultérieur de cet argent n'efface pas la culpabilité, a dit le procureur.

Pour des raisons d'économie

La défense a présenté une vision différente des choses. Les dons argoviens n'ont jamais servi à financer la rénovation de l'école. Le montant a été simplement placé provisoirement sur le compte de construction afin de faire des économies d'intérêt.

Cette manière de procéder a été discutée avec la fiduciaire conseil de la commune et n'a pas été cachée au canton, a dit le défenseur de la présidente. Il n'y a jamais eu de tromperie ou de mensonge.

Transférer cet argent d'un compte courant rapportant 1,5 % d'intérêt sur un compte de construction au taux plus élevé ne relève pas de l'abus de confiance. «On aurait pu attendre davantage de compréhension comptable de la part du tribunal de première instance», a déclaré l'avocat du secrétaire communal.

En dernière parole, la présidente a précisé que la commune avait sollicité à plusieurs reprises une discussion avec le canton, «la porte nous a toujours été fermée». Le secrétaire communal soupçonne que pour certains «la véritable situation doit rester cachée». Le jugement sera rendu d'ici un mois environ.

(ats)

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