Geneve: La commune qui célèbre la fête du 1er août le 31 juillet
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GeneveLa commune qui célèbre la fête du 1er août le 31 juillet

Par confort et pour des questions logistiques, la célébration patriotique est décalée à Bardonnex. Une pratique qui fait grincer des dents.

par
David Ramseyer
La date de la fête nationale a changé à Bardonnex, mais pas le rituel. Même un 31 juillet, lampions, cortège, discours et feu de joie restent au programme.

La date de la fête nationale a changé à Bardonnex, mais pas le rituel. Même un 31 juillet, lampions, cortège, discours et feu de joie restent au programme.

«Prochaines dates importantes: 31 juillet 2015, fête nationale», lit-on sur la page d'accueil de la commune de Bardonnex. Celle-ci célébrera donc le 724e anniversaire de la Suisse avec un jour d'avance sur le reste du canton. Cas unique à Genève d'une pratique très répandue ailleurs, comme à Neuchâtel ou en Valais, il est dicté par des impératifs pratiques et des soucis de logistique.

Une demande des sapeurs volontaires

«Nous procédons de la sorte depuis quelques années, explique le maire Alain Walder. Ce sont les pompiers volontaires de la commune qui l'ont demandé». Bardonnex ne dispose en effet pas de personnel de voirie et sollicite de nombreux bénévoles, dont les sapeurs. «Ils devaient tout ranger bien après minuit alors que le 2e août, ils travaillaient. Le conseil municipal a entendu leur demande et a avancé les célébrations afin de bénéficier du 1er août férié». La commune a décidé de maintenir sa tradition cette année, en dépit du fait que les commémorations se déroulent sur un weekend.

Si il a bien reçu quelques courriers de protestation au début, le magistrat assure qu'aujourd'hui cette décision ne suscite guère de protestations: «Ce n'est pas un crime de lèse-majesté...»

«Navrant»

La présidente de l'association des communes genevoises s'étrangle: «Je trouve cela navrant et irrespectueux vis-à-vis d'un évènement patriotique! Il y a là une vraie perte de sens de la fête nationale, simplement pour des raisons de confort.» Catherine Kuffer admet que chaque municipalité fait comme elle veut mais estime que les valeurs communes dans le pays devraient être respectées. Contactée, la Maire de de la Ville de Genève Esther Alder ne veut pas s'immiscer dans les affaires bardonésiennes. Cela dit, elle regrette tout de même que «des considérations pratiques prennent le pas sur le symbole fort que constitue la date du 1er août».

Alors oui, le maire de Bardonnex comprend ces remarques mais note que «célébrer la fête nationale le 31 juillet permet aussi d'avoir des invités de marque qui sont généralement déjà pris le 1er août (ndlr, le grand argentier du Canton Serge Dal Busco sera présent)». Sans parler d'un coup double pour lui et ses concitoyens: après avoir fait la fête le premier soir, ils peuvent remettre ça le soir suivant avec leurs voisins des autres communes.

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