Affaire Kadhafi: «La condamnation est un retour à l'état de droit»
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Affaire Kadhafi«La condamnation est un retour à l'état de droit»

Le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz s'est dit «attristé» mercredi par la condamnation des deux otages suisses en Libye.

par
man

Mais il voit dans le même temps une raison d'espérer une avancée dans le retour à l'état de droit.

Interrogé par la télévision alémanique SF, M. Merz s'est dit surpris par la condamnation des deux Suisses à seize mois de prison pour violation des règles sur les visas. Cette peine correspond à la détention déjà subie par les deux hommes en Libye. Le président de la Confédération s'est dit attristé non seulement pour les otages, mais également pour leurs familles.

Le chef du Département fédéral des finances (DFF) a qualifié ce verdict de «mauvaise décision». Mais il pourrait en même temps avoir un côté positif et constituer «un pas en avant», en marquant un retour à l'état de droit, a-t-il déclaré à la Radio Suisse Romande (RSR).

«C'est un avantage», a expliqué M. Merz. Un retour à l'état de droit ouvre la possibilité de pouvoir «clore un dossier juridique avec des mesures juridiques», selon lui. Il permet aussi au pouvoir politique de grâcier les deux Suisses.

Le conseiller fédéral estime en outre qu'il n'y pas eu une influence du vote anti-minarets sur l'affaire Kadhafi. «C'est une affaire politique et non religieuse», a-t-il encore déclaré.

Protestations

Le jugement rendu en Libye se moque de l'Etat de droit, a déclaré mercredi à l'AP Mario Fehr (PS/ZH), membre de la Commission de politique extérieure du Conseil national. Celui-ci estime que la politique ne peut rien faire pour l'instant et que la diplomatie doit oeuvrer dans la discrétion. Son collègue Christoph Mörgeli (UDC/ZH) dénonce un «simulacre de procès». Selon le Zurichois, il faut encore accroître la pression et envisager de rompre les relations diplomatiques avec la Libye. Membre de la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats, Eugen David (PDC/SG) préconise que les deux Suisses ne quittent pas l'ambassade.

Connaisseur de la Libye, le sociologue genevois Jean Ziegler a déclaré à la radio alémanique DRS qu'il faut s'attendre à ce que le régime du colonel Kadhafi demande une forte rançon pour libérer les deux Suisses.

(man/ats/ap)

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