SuisseLa Confédération songe à des apprentis étrangers
Johann Schneider-Ammann veut faire appel à de jeunes étrangers pour combler les places d'apprentissages vacantes.

Pour Johann Schneider-Amman, le cas de certains cantons frontaliers qui autorisent de jeunes étrangers aux places d'apprentissage est un exemple à suivre.
La Suisse manque de bras pour 8500 places d'apprentissage. Une situation qui demande une réponse pour le bien de l'économie helvétique, explique Johann Schneider-Ammann.
«Nous avons en Suisse une surabondance de places d'apprentissage, ce qui veut dire qu'il y a assez de places pour chaque jeune, ce qui est en soi fantastique», a déclaré le conseiller fédéral dans une interview publiée dans le Blick.
Trop peu de forces de travail
La situation a bien changé en quinze ans, Johann Schneider-Amman rappelant qu'autrefois, la situation était inversée avec une offre incapable de répondre à la demande. La Confédération essaie tout d'abord d'attribuer les places d'apprentissage vacantes aux jeunes qui sont toujours en recherche.
«Mais nous avons en Suisse trop peu de forces de travail et nous travaillons à changer tout çà. Des cantons frontaliers comme Bâle, Genève ou encore le Tessin autorisent déjà des apprentis étrangers. Je trouve ça intéressant».
Mais que se passera-t-il si ces jeunes retournent dans leur pays une fois leur apprentissage terminé? «Dans ce cas, ils renforceront l'économie de leurs pays, qui sont nos principaux partenaires commerciaux. Nous en profiterons indirectement.» Mais le conseiller fédéral pense que quelques-uns resteront en Suisse «ce qui nous fera gagner des forces de travail».
«Des places dont personne ne veut»
Il n'a pas voulu dire combien de places sur les 8500 postes vacants pourraient être ouvertes aux apprentis étrangers. Et Johann Schneider-Ammann se défend de ne pas respecter la volonté populaire exprimée avec le vote sur l'initiative UDC «Contre l'immigration de masse».
«Je suis même convaincu que parmi les partisans de l'initiative, il existe une certaine compréhension pour que des jeunes étrangers des régions frontalières puissent trouver chez nous une place d'apprentissage, dont personne ne veut en Suisse malgré la préférence nationale.»
En Allemagne aussi
Les chambres de commerce allemandes ont tiré la sonnette d'alarme mardi sur l'augmentation des places vacantes d'apprentissage, pierre angulaire du modèle de formation professionnelle en Allemagne, qui ne peut pas encore compter sur les réfugiés pour assurer la relève.
La situation pour les entreprises «n'a jamais été aussi dramatique», a déclaré lors d'une conférence de presse Eric Schweitzer, président de la fédération DIHK des chambres de commerce et d'artisanat, qui gèrent le système de formation dit dual dont l'Allemagne est si fière.
Cette année, un tiers des places d'apprentissage n'a pas trouvé preneur - et même la moitié dans les régions de l'ex-RDA-, et 14'000 entreprises devraient n'avoir reçu aucune candidature, selon un sondage réalisé par la fédération.