France: La confusion s'accroit sur le voyage de Sarkozy à Berlin
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FranceLa confusion s'accroit sur le voyage de Sarkozy à Berlin

Jugée «grotesque» au gouvernement, la controverse autour du voyage de Nicolas Sarkozy à Berlin en novembre 1989 s'est poursuivie mardi, alimentée par un document officiel contredisant la version du Premier ministre François Fillon, la gauche criant au «mensonge».

Sur le web, les internautes se sont déchaînés. Ainsi, le journal Libération (gauche) a mis en ligne une série de photos détournées sur lesquelles on voit Nicolas Sarkozy assister à la prise de la Bastille en 1789, aux événements de la Place Tiananmen deux cents ans plus tard, ou aux premiers pas des Américains sur la lune.

Photo à l'appui, le président français avait raconté ce week-end sur Facebook comment, dès le 9 novembre, il s'était trouvé à Berlin et avait participé aux premiers «coups de pioche» dans le mur.

Des doutes ayant été émis par des témoins de l'époque, son Premier ministre a affirmé lundi qu'entre le 7 et le 10 novembre 1989 il se trouvait à Berlin et qu'il y avait bien rencontré Nicolas Sarkozy dans la soirée du 9.

Mais le Journal officiel, qui relate la vie institutionnelle française, est formel: le 8 novembre 1989, François Fillon était à l'Assemblée nationale.

Interrogés, ses services ont indiqué «s'en tenir aux commentaires» de M. Fillon.

Celui-ci est lui-même revenu sur son récit, ajoutant à l'embrouillamini historico-politique : lundi, il affirmait avoir rencontré le 9 novembre à Berlin un journaliste de télévision, Ulysse Gosset. Mais ce dernier ayant démenti, M. Fillon a estimé avoir sans doute «confondu» avec un autre journaliste, Patrick Bourrat, mort en 2002.

Les souvenirs brumeux de l'ancien Premier ministre Alain Juppé avaient déjà jeté le trouble, alors que MM. Sarkozy et Fillon assurent qu'il était aussi à Berlin le 9 novembre.

La gauche s'est indignée d'un «mensonge».

M. Sarkozy «y était le 16 novembre, apparemment tout le monde converge, mais on oblige des gens à mentir pour dire qu'il y était le 9. Vraiment, ça a quel sens?», s'est interrogée la dirigeante écologiste Cécile Duflot.

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a pour sa part jugé la polémique «dérisoire» : «Je crois ce que dit le président, systématiquement», a-t-il dit. (afp)

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