Actualisé 14.10.2012 à 18:05

Genève

La Constitution passe, sans vraiment séduire

Les Genevois ont accepté par 54,1% le projet de nouvelle Constitution. Les grandes villes la rejettent.

de
Henri Della Casa/ats
Le camp du OUI (ici, les Verts) a laissé éclater sa joie.

Le camp du OUI (ici, les Verts) a laissé éclater sa joie.

«J'attendais un non, j'espérais un oui». Surpris en bien, le constituant Cyril Mizrahi admet que la partie était loin d'être gagnée et peut lâcher un grand ouf. Genève aura bien une nouvelle charte fondamentale, dès le 1er juin 2013.

Le Conseil d'Etat heureux... et un peu déçu

Mais force est de constater que le projet na pas emballé le peuple: seuls 31,9% des électeurs ont voté. En Ville de Genève, comme à Vernier, Lancy, Myeyrin ou Onex, ils ont même dit non! Le conseiller d'Etat Charles Beer a ainsi relevé la «méfiance des quartiers populaires» envers la nouvelle Constitution: «Il y a dans ces zones une détérioration perçue de la qualité de vie et certains n'ont pas vu d'avancées qui répondaient à leurs préoccupations.»

Le Conseil d'Etat a souligné sa principale satisfaction dans la nouvelle mouture du texte fondamental, à savoir la formation obligatoire jusqu'à 18 ans. Les constituants n'ont pourtant pas manqué, dimanche encore, de relever le manque de soutien du gouvernement durant les travaux de rédaction. «Il n'a sans doute pas apprécié les pouvoirs supplémentaires donnés au Grand Conseil, notamment eu égard à la répartition des départements», estimait Cyril Mizrahi, du Parti socialiste. A l'avenir, le parlement pourra en effet s'opposer à une répartition des dicastères qu'il juge inopportune.

La victoire du consensus

«Nous avons toujours été à la disposition des constituants durant leurs travaux», a répondu Pierre-François Unger, avant que son collègue François Longchamp rappelle que le gouvernement demeure «déçu» que la Constituante n'ait pas défini plus clairement le financement des tâches de l'Etat, entre canton et communes, ainsi que l'organisation entre ces collectivités.

Du côté des gagnants, c'est la victoire du consensus qui était mise en avant. «On a montré qu'on arrive à faire avancer Genève en faisant des compromis», a insisté Louise Kasser Genecand, constituante. L'écologiste a aussi relevé la dureté de la campagne de l'extrême-gauche, opposée au projet. «Le peuple ne s'est pas laissé tromper.»

Partis gouvernementaux à l'unisson

Resté «prudent» jusqu'au bout, son collègue PLR Murat Julian Alder voyait dans l'acceptation de la Constitution la preuve que «les Genevois veulent voir une autre manière de faire de la politique».

«On peut revendiquer l'ensemble du non comme un non de gauche», a déclaré Pierre Vanek de SolidaritéS, dénonçant une Constitution mettant en péril les droits sociaux. «Avec 45,9%, on n'est pas largués», a encore souligné le militant. Avant de rappeler que l'opposition faisait face à une union des partis gouvernementaux.

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