Actualisé 09.07.2020 à 09:42

Suisse

La construction, bénéficiaire No1 des crédits Covid

Selon les chiffres d’UBS, le bâtiment a été le secteur qui a le plus fait appel à ces prêts spéciaux. Mais la moitié des montants accordés n’a pas été utilisée.

iStockphoto / Image prétexte

Les sociétés de construction, mais aussi le commerce de gros ainsi que l'hôtellerie et la restauration, ont été les principaux secteurs à faire appel aux crédits d'urgence débloqués pour faire face à la pandémie de coronavirus, selon une étude d'UBS publiée jeudi.

Sur les 2,7 milliards de francs de crédits Covid-19 octroyés par la banque, la branche du bâtiment a obtenu 312 millions, mais en a seulement utilisés un peu plus de la moitié (55%). Le commerce de gros a, lui, reçu 271 millions de francs, mais n'en a effectivement utilisés que 53%. Suivent l'hôtellerie et la restauration, avec 214 millions, et le commerce de détail, avec 211 millions.

La Banque nationale suisse (BNS) avait récemment indiqué que presque 130'000 crédits avaient été octroyés et qu'une petite ou moyenne entreprise (PME) sur cinq avait contracté un tel emprunt, pour un montant moyen d'environ 120'000 francs.

Mi-juin, Credit Suisse avait pour sa part estimé dans une étude que l'aide d'urgence accordée par la Confédération pour soutenir les entreprises en mal de liquidités avait été peu utilisée. Sur les 40 milliards de francs débloqués fin mars, seuls 14 milliards ont fait l'objet d'une demande. Et là-dessus, moins de 30% ont été effectivement utilisés par les sociétés.

Alors que la date limite pour demander un crédit Covid échoit le 31 juillet, les spécialistes de la banque estiment qu'il n'est pas nécessaire de prolonger l'opération. «Il s'agit d'une décision politique de prolonger (ce programme) mais, de notre point de vue, cela ne fait pas de sens» au vu de la faible utilisation de ces crédits, a dit le président d'UBS Suisse, Axel Lehmann, lors d'une conférence de presse téléphonique.

Certaines entreprises ont même commencé à rembourser ces emprunts, qui constituent un endettement supplémentaire pouvant limiter leur liberté d'action, a-t-il ajouté.

Pessimisme dans le tourisme

UBS a par ailleurs interrogé 2500 entreprises suisses sur leurs perspectives à moyen terme dans le contexte du coronavirus. Une grande majorité (71%) des patrons sondés table sur un chiffre d'affaires stable voire plus élevé en 2022 comparé à 2019. «Les personnes interrogées prévoient un retour à la normale de la marche des affaires et non une longue phase d'affaiblissement», ont estimé les économistes de la banque zurichoise.

L'industrie chimique et pharmaceutique ainsi que l'industrie des machines, équipements électriques et métaux (MEM) sont les plus confiantes, tandis que l'hôtellerie et la restauration ainsi que le tourisme sont les moins optimistes.

En matière d'emploi, 87% des entreprises interrogées prévoient d'employer autant, voire même plus de salariés en 2022 qu'en 2019.

Selon l'économiste en chef d'UBS, Daniel Kalt, la crise du Covid-19 n'a pas fait émerger de nouvelles tendances mais a accéléré des changements structurels déjà sous-jacents, comme la numérisation.

L'établissement de la Paradeplatz a confirmé ses prévisions de croissance pour cette année, avec un produit intérieur brut (PIB) en chute de 5,5%, suivi par un rebond de 4,4% l'exercice suivant. Pour 2022, UBS table désormais sur une croissance de 1,8%.

Mais Axel Lehmann a averti qu’un deuxième confinement qui risquerait de mettre à mal le rebond anticipé de l'économie helvétique.

(ATS)

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4 commentaires
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Bernard Nicovid

09.07.2020 à 12:39

Quelle surprise ! Bientôt 10 millions d'habitants, dont presque 1 million subventionnés ou directement payés par le social. La construction n'a rien à perdre à être hyperactive.

gigi

09.07.2020 à 10:40

Le président d'UBS ferait mieux de tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de dire des stupidités. Malheureusement les effets de la covid sur l'économie vont perdurer et les entreprises doivent en tous temps pouvoir recourir à cette facilité de crédit. "les spécialistes de la banque estiment qu'il n'est pas nécessaire de prolonger l'opération. «Il s'agit d'une décision politique de prolonger (ce programme) mais, de notre point de vue, cela ne fait pas de sens» au vu de la faible utilisation de ces crédits, a dit le président d'UBS Suisse, Axel Lehmann, lors d'une conférence de presse téléphonique."

Darksider

09.07.2020 à 10:35

La construction n'en n'avait pas besoin! les chantier n'ont pas été stopppé (du moins sur Fribourg) de plus il n'y a pas eu d'hiver, en janvier on travaillait comme en juillet. 2 mois un peu moins vite peut-être mais zero perte pour 2020 ça c'est certain.