Actualisé 26.08.2009 à 10:26

Crise

La construction est moins touchée

La branche de la construction en Suisse est restée moins touchée par la crise au deuxième trimestre que l'ensemble de l'économie.

Mais des tendances d'affaiblissement sont perceptibles dans le bâtiment, selon l'enquête trimestrielle de la SSE publiée mercredi.

Durant ces trois mois, les chiffres d'affaires du secteur principal de la construction ont globalement augmenté de 7,8% par rapport au deuxième trimestre 2008, à quelque 4,9 milliards de francs, selon l'enquête trimestrielle de la Société suisse des entrepreneurs (SSE). La hausse est surtout due à de gros projets de génie civil (&28,4%), alors que le bâtiment privé montre un net repli (-7,1%).

L'hiver rigoureux avait fortement freiné l'activité au 1er trimestre, entraînant un effet de rattrapage durant les trois mois sous revue, note la SSE. L'évolution des réserves de travail a également été globalement favorable: elles s'affichaient à quelque 11,9 milliards de francs à fin juin, en hausse de 9% sur un an.

Le nombre de travailleurs à temps complet dans la branche a pour sa part légèrement augmenté. Il a atteint 82'350 personnes, en hausse de 1,7% par rapport au deuxième trimestre 2008.

Le bâtiment souffre

Dans le secteur du bâtiment, le recul des chiffres d'affaires a été supérieur à la moyenne dans le segment logement, atteignant - 9,1% par rapport à avril-juin 2008. Les commandes y ont aussi fortement diminué, de 9,6%.

Le volume de construction dans le secteur industriel et artisanal s'est mieux maintenu, ne baissant que de 3%. Une stabilité due avant tout à de gros projets dans les agglomérations et qui avaient déjà démarré en période de haute conjoncture, relève la SSE. Au niveau des commandes, la situation est plus alarmante: elles ont reculé de pas moins de 22,9%.

L'activité reste toutefois stimulée par les mandats des pouvoirs publics, notamment pour des ouvrages d'infrastructure. Le volume de projets annoncés pour le troisième trimestre dépasse de 11,3% celui de l'année dernière à pareille époque, et le tassement conjoncturel devrait ainsi être encore peu perceptible d'ici la fin de l'année.

Les programmes de relance conjoncturelle de la Confédération axés sur la construction ne jouent pour leur part qu'un rôle marginal, selon la SSE. Pour comparaison, elle met en regard leur volume légèrement supérieur à 500 millions de francs avec le volume global du secteur principal de la construction, qui a atteint 17,9 milliards l'an dernier.

Perspectives contrastées

Au chapitre des perspectives, le contraste sectoriel est profond. Le génie civil public affiche ainsi une évolution prospère grâce à une réserve bien remplie de gros projets prêts à être réalisés. Le bâtiment en revanche est tributaire pour l'essentiel de mandats privés et réagit de manière prononcée à la détérioration du climat de consommation.

Selon la SSE, l'exercice 2009 sera toutefois favorable dans l'ensemble. Il lui paraît toutefois difficile de faire des pronostics pour 2010. Si la demande privée va vraisemblablement continuer à reculer, celle des pouvoirs publics devrait être en mesure de compenser cette baisse pendant un certain temps encore, estime l'organisation faîtière.

(ats)

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