La Corée du Nord fait la bombe
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La Corée du Nord fait la bombe

Défiant les mises en garde internationales, la Corée du Nord a annoncé lundi qu'elle avait procédé à un essai nucléaire.

Ce test, qualifié d'»historique» par le régime communiste, a provoqué une levée de boucliers dans le monde entier.

«L'essai nucléaire a été réalisé grâce à la sagesse et une technologie à 100 % autochtone», a affirmé l'agence officielle nord- coréenne KCNA. Le test est intervenu au moment même où le Premier ministre japonais Shinzo Abe entamait à Séoul un sommet.

Le régime communiste avait averti, dès le 3 octobre, qu'il procèderait à un essai nucléaire si les conditions de sécurité étaient réunies. Pyongyang avait alors invoqué «la menace extrême des Etats-Unis de déclencher une guerre nucléaire» ainsi que «les sanctions vicieuses» imposées par Washington contre des entités nord-coréennes accusées de blanchiment d'argent.

Souterrain

Selon KCNA, l'équipe des chercheurs de la RDPC (République démocratique populaire de Corée) a effectué un essai nucléaire souterrain. Toujours selon la même source, qui ne donne pas de détails, il n'y a aucun danger, tel que des émissions radioactives.

Des ondes sismiques provenant du nord-est de la Corée du Nord ont été provoquées par une explosion artificielle, ont indiqué peu après des scientifiques en Corée du Sud, semblant corroborer l'information selon laquelle Pyongyang a bien procédé à un essai nucléaire.

Chi Heon-cheol, chef du Centre de recherche sismique de Daejeon, en Corée du Sud, a indiqué qu'une activité sismique avait été détectée à 10h36 (03h36 suisses) à 15 km au nord-ouest de Hwadaeri, dans la province de Hamgyong.

La secousse a été mesurée à 3,6 sur l'échelle ouverte de Richter, soit l'équivalent de l'explosion de 800 tonnes de dynamite, a-t-il expliqué.

«Historique»

La Corée du Nord s'était déjà déclarée en février 2005 la huitième puissance nucléaire mondiale, après les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne, la Chine, l'Inde et le Pakistan. Mais Pyongyang n'avait jamais confirmé ce statut par un essai nucléaire.

Le régime stalinien estime que l'essai «marque un événement historique car il encourage l'Armée populaire coréenne et le peuple qui souhaitaient disposer d'une capacité de défense puissante et indépendante». L'essai «contribuera à défendre la paix dans la Péninsule coréenne et dans la région», assure KCNA.

Tollé

Le test a provoqué une vague de condamnations dans le monde. Même la Chine, pourtant fidèle alliée du régime communiste nord- coréen, a fait part de «sa ferme opposition» face à un essai mené «de manière éhontée».

A Washington, la Maison Blanche a condamné une «provocation» qui, si elle est confirmée, réclamerait une «action immédiate» du Conseil de sécurité de l'ONU. Londres a dénoncé un acte «tout à fait irresponsable» appelant une «riposte vigoureuse». Berlin a estimé que Pyongyang «continuait à faire fausse route vers plus d'isolement» international.

«Impardonnable»

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a estimé que le test était «impardonnable». D'autres responsables nippons ont averti que le Japon avait l'intention de réclamer des sanctions supplémentaires à l'ONU, si le test nucléaire nord-coréen était confirmé.

Le Japon a déjà fait savoir qu'il était favorable au recours au chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui prévoit notamment l'usage de la force, en cas de test nucléaire nord-coréen.

L'Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires qui n'ont pas souscrit aux obligations du Traité de non-prolifération nucléaire, ont condamné Pyongyang. New Delhi s'est déclaré «profondément préoccupé» et Islamabad a «déploré» l'essai.

La Corée du Sud a averti qu'elle «ne tolérerait» pas une Corée du Nord nucléarisée, et a annoncé la suspension de l'aide humanitaire qu'elle avait accordée à la Corée du Nord après les inondations meurtières de l'été.

(ap)

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