Interdiction de filmer: La Corée du Nord retient deux journalistes américaines
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Interdiction de filmerLa Corée du Nord retient deux journalistes américaines

Deux journalistes américaines ont été interpellées et placées en détention par des garde-frontière nord-coréens alors qu'elles filmaient depuis le côté chinois de la frontière, ont affirmé jeudi des médias sud-coréens.

Selon la chaîne YTN citant un responsable sud-coréen sous le couvert de l'anonymat, l'incident s'est produit mardi alors que les deux femmes ont ignoré plusieurs avertissements les sommant de cesser de filmer.Des garde-frontière nord-coréens ont alors fait une incursion en sol chinois, au niveau de la rivière Tumen, pour arrêter les deux femmes.Les deux journalistes américaines d'origine coréenne travaillent pour une agence d'informations en ligne basée en Californie, selon YTN.De son côté, le journal sud-coréen Munhwa Ilbo a rapporté l'arrestation mardi d'une seule journaliste américaine, surnommée Ming, le long de la rivière Yalu marquant aussi la frontière avec la Chine.Selon le quotidien citant une source diplomatique à Séoul, des pourparlers sont en cours avec le régime de Pyongyang pour assurer sa libération.«On ignore pour l'instant précisément où cette journaliste travaillait (...) et les conditions qui ont abouti à son arrestation», a indiqué le journal.Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire.Le porte-parole de l'ambassade américaine à Séoul quant à lui repoussé toute demande d'informations vers le Département d'Etat. Les journalistes souhaitant se rendre en Corée du Nord doivent être munis d'un visa spécifique et sont étroitement surveillés lors de leur séjour. Ce visa n'est que très rarement accordé.L incident de mardi, s'il est confirmé, survient dans une période de vive incertitude dans la péninsule coréenne alors que le régime communiste s'apprête à lancer, vraisemblablement début avril, ce qu'il a présenté comme un «satellite» dans l'espace.Cependant, Washington et Séoul redoutent qu'il ne s'agisse en fait d'un nouvel essai de missile longue portée pouvant théoriquement atteindre l'Alaska.La dictature communiste avait provoqué une crise internationale à l'été 1998 lorsqu'elle avait tiré un missile longue portée Taepodong-1 qui avait survolé une partie du Japon avant de s'abîmer dans l'océan Pacifique.Elle avait à l'époque annoncé avoir lancé «un engin lanceur de satellite».En juillet 2006, Pyongyang avait effectué des nouveaux tirs - ratés - de sept missiles, dont un à longue portée Taepodong-2 qui avait provoqué un vif émoi.Le régime stalinien a d'ores et déjà promis de réagir contre toute tentative d'interception de son «satellite» et qu'il pourrait en résulter une «guerre».Dotée de l'arme nucléaire, la Corée du Nord est engagée depuis 2003 dans de laborieuses négociations à six pays (deux Corée, Etats-Unis, Japon, Chine et Russie) en vue d'un démantèlement de ses installations atomiques en échange d'une aide économique et de garanties de sécurité.Elles sont actuellement au point mort. (afp)

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