La couche d'ozone en plus mauvais état que prévu
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La couche d'ozone en plus mauvais état que prévu

La couche d'ozone mettra plus longtemps que prévu à se rétablir, selon un rapport de 250 experts publié par l'OMM et le PNUE vendredi à Genève.

Elle retrouvera son intégrité au plus tôt en 2049, selon ces nouvelles estimations.

Selon le rapport de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la couche d'ozone au-dessus des latitudes moyennes devrait se reconstituer d'ici 2049, soit cinq ans plus tard que les précédentes évaluations datant de 2002.

Au-dessus de l'Antarctique, la couche d'ozone ne devrait pas se reconstituer avant 2065, soit quinze ans plus tard que prévu. Le trou d'ozone dans la région polaire devrait réapparaître périodiquement pendant encore une vingtaine d'années.

Réfrigérateurs en cause

Aux latitudes moyennes, le retard annoncé s'explique avant tout par la révision à la hausse des quantités de CFC-11 et CFC-12 que renferment notamment les réfrigérateurs et dont une grande partie finira par rejoindre l'atmosphère. En même temps, le produit de remplacement des CFC, le HFCF-22, bien que moins nocif, attaque aussi la couche d'ozone.

Au-dessus de l'Antarctique, le retard prédit par les scientifiques est dû au fait que les masses d'air présentes dans cette région sont beaucoup plus anciennes. Les concentrations de substances nocives pour l'ozone mettront plus de temps à revenir aux niveaux d'avant 1980.

Le secrétaire général de l'OMM Michel Jarraud a néanmoins souligné que ces nouvelles estimations confirment que les concentrations d'agents destructeurs de l'ozone continuent de baisser, par rapport au maximum atteint entre 1992 et 1994.

Redoubler d'efforts

Ces premiers signes de convalescence sont à mettre au crédit du Protocole de Montréal (1987), a indiqué pour sa part le directeur du PNUE, Achim Steiner. «Mais la lenteur du processus doit nous mettre en garde: l'affaire n'est pas gagnée et il nous faut redoubler d'efforts pour éliminer les substances chimiques nocives», a-t-il déclaré, cité dans un communiqué.

Selon les projections du rapport, si l'on parvenait à supprimer dès la fin 2006 toutes les émissions provenant de la production et de la consommation des agents destructeurs de l'ozone que sont les CFC, les halons, les HCFC, le bromure de méthyle, le tétrachlorure de carbone et le trichloroéthane, la couche d'ozone devrait être reconstituée dès 2034 aux latitudes moyennes. L'on gagnerait ainsi quinze ans.

A l'opposé, la convalescence pourrait être encore plus longue si les gouvernemetns ne respectent pas tous leurs engagements. La prochaine réunion des parties au protocole de Montréal aura lieu à New Delhi du 30 octobre au 3 novembre.

La couche d'ozone stratosphérique protège les organismes vivants des effets nocifs du rayonnement solaire, notamment des cancers. Les conclusions du rapport ont été revues lors d'une réunion de 77 experts du 19 au 23 juin aux Diablerets (VD). (ats)

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