Ski nordique: La Coupe du monde quasiment promise à Cologna
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Ski nordiqueLa Coupe du monde quasiment promise à Cologna

Dario Cologna est bien le phénomène que le fond suisse attendait depuis des décennies. Le Grison s'est fait l'auteur d'une démonstration sur la poursuite 20 km de Falun (Su), remportant sa première victoire en Coupe du monde.

Cologna a fait preuve d'un brio exceptionnel. Toujours à l'offensive, aussi bien sur les 10 km en classique qu'en skating, il a usé le Norvégien Petter Northug au fil des kilomètres. A chaque passage dans la terrible montée de 700 m (pour 60 m de dénivellation) près du tremplin, il se détachait pendant que son grand rival ahanait.

Ce travail de sape a porté ses fruits et Cologna s'est présenté seul en tête dans la stade pour couper la ligne en 54'59''5, avec 1''7 d'avance sur le Suédois Marcus Hellner et 2''4 sur l'Allemand Tobias Angerer, ancien vainqueur de la Coupe du monde. Northug est arrivé 20e à 32''.

Avec le jeu des bonifications, Cologna abordera dimanche l'ultime étape de cette finale de la Coupe du monde, un 15 km avec départ handicap, avec 1'20'' d'avance sur le Norvégien, le seul à pouvoir le menacer, à quoi s'ajoutent 36 points d'avance au classement général virtuel de la Coupe du monde. Sauf accident ou défaillance improbable, Cologna remportera donc à la fois cette finale et le général.

Dans une course avec départs individuels comme celle de dimanche, il n'a en effet pas grand chose à craindre, avec un tel avantage, d'un athlète comme Northug, avant tout à l'aise dans les arrivées au sprint après départs en ligne.

Première

«Cette victoire représente un beau moment. C'est un grand jour pour moi», a commenté Cologna, avec sa sobriété habituelle.

A 23 ans, le Grison s'apprête à devenir le premier Suisse à gagner le général de la Coupe du monde. Seulement 37e l'an passé, pour ses débuts, il a accompli cette saison une progression fulgurante, matérialisée déjà par son succès en janvier au Tour de Ski (sans victoire d'étape toutefois). Il y avait précédé un certain Northug.

A posteriori, cette démonstration sur les neiges suédoises valide l'option tactique de Cologna aux Championnats du monde de Liberec en février. Fatigué par quatre courses en neuf jours, il a su corriger le tir à temps et renoncer au 50 km final pour aller se ressourcer en Suisse et préparer la défense de son dossard jaune de leader de la Coupe du monde.

Tenace

Dans un premier temps, cela ne lui a pas réussi: euphorique après ses trois titres mondiaux (poursuite 30 km, relais 4 x 10 km et 50 km), Northug a cartonné dans les épreuves Coupe du monde de Lahti et Trondheim qui ont immédiatement suivi début mars, dépossédant Cologna de son maillot jaune.

Impassible, refusant de s'attarder sur la malchance qui l'avait frappé au sprint de Lahti où il était tombé deux fois, Cologna ne s'est pas laissé déstabiliser. Il remontait en puissance pour les dernières étapes suédoises, au moment où Northug, lui, semblait «enfin» subir le contre-coup de ses efforts des Mondiaux.

D'après les statistiques de la FIS remontant jusqu'en 1982, le meilleur rang d'un Suisse au général de la Coupe du monde à ce jour est la 7e place d'Andy Grünenfelder en 1984. Ce dernier est le seul Suisse avec Giachem Guidon, 8e en 1985, à avoir fini dans le «top 10» du général.

Cologna s'apprête à les surpasser, grâce surtout à sa belle régularité tout au long de la saison. S'il ne compte «que» trois podiums cet hiver plus sa victoire au Tour de Ski, il a fait preuve d'un bel éventail de qualités, progressant beaucoup en style classique et en sprint, pas ses points forts à la base. Le niveau atteint par le Grison lui permet aujourd'hui d'envisager un podium à toutes les courses, quels que soient la distance et le style.

(si)

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