Ouganda - La Cour constitutionnelle invalide la très controversée loi «anti-minijupes»
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OugandaLa Cour constitutionnelle invalide la très controversée loi «anti-minijupes»

En Ouganda, une loi antipornographie punit, depuis 2014, des actes ou comportements trop osés. Surnommé «loi anti-minijupes», le texte a été abrogé par la justice.

En 2014, la chanteuse Jemimah Kansiime, de son nom de scène Panadol wa Basajja, avait passé cinq semaines en prison après la sortie d’un clip suggestif, où elle apparaissait en string et large décolleté, se savonnant lascivement les fesses. Selon la loi antipornographie, elle encourait dix ans de prison.

En 2014, la chanteuse Jemimah Kansiime, de son nom de scène Panadol wa Basajja, avait passé cinq semaines en prison après la sortie d’un clip suggestif, où elle apparaissait en string et large décolleté, se savonnant lascivement les fesses. Selon la loi antipornographie, elle encourait dix ans de prison.

AFP

La Cour constitutionnelle ougandaise a abrogé la loi antipornographie en vigueur dans le pays depuis 2014, dont plusieurs articles, comme l’interdiction du port de la minijupe, étaient dénoncés par des organisations féministes et de la société civile.

Selon le jugement, publié lundi, la loi est déclarée «incompatible ou contraire avec la Constitution». «Les articles de la loi antipornographie sont déclarés nuls et non avenus», affirme le juge Frederick Egonda-Ntende dans sa décision, qui supprime également les pouvoirs d’un comité de neuf membres chargé de faire appliquer la loi.

L’avocate du gouvernement, Imelda Adong, n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat, indiquant que les autorités «étudiaient la décision».

Femmes «indécentes» harcelées

La loi de février 2014 qualifiait de pornographiques et pénalisait des comportements et activités comme le port de jupes courtes ou des textes de chansons jugés trop osés. Des associations de défense des droits des femmes ont fait campagne, ces dernières années, pour l’abrogation de ce texte, surnommé «loi anti-minijupes», dénonçant le harcèlement mené contre les femmes portant des tenues considérées comme indécentes.

«Ça a été un combat acharné et nous sommes reconnaissants du fait que ceux qui croient aux droits des femmes l’aient emporté», s’est félicitée Lillian Drabo, qui figurait parmi les neuf organisations et personnes privées pétitionnaires qui ont contesté la loi en justice. «La loi a révélé les dangers auxquels les femmes sont confrontées dans ce qui est considéré comme le monde moderne.»

Selon ses détracteurs, cette loi était révélatrice d’un mouvement antilibéral en expansion en Ouganda, qui a également inspiré une loi très répressive contre l’homosexualité, promulguée elle aussi en février 2014.

Elle risquait dix ans à cause d’un clip

En 2014, la chanteuse Jemimah Kansiime, de son nom de scène Panadol wa Basajja, avait passé cinq semaines en prison après la sortie d’un clip suggestif, où elle apparaissait en string et large décolleté, se savonnant lascivement les fesses. Selon la loi antipornographie, elle encourait dix ans de prison.

Fervent partisan de cette loi, le ministre de l’Éthique et de l’Intégrité, Simon Lokodo, avait fait saisir dans une prestigieuse école privée, en 2016, des exemplaires d’un roman britannique qui exposait, selon lui, les élèves à la sexualité de façon trop précoce.

(AFP)

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