Salvador - La Cour suprême autorise le président Bukele à briguer un second mandat
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SalvadorLa Cour suprême autorise le président Bukele à briguer un second mandat

La Constitution du Salvador ne permettait jusqu’alors pas qu’un président puisse exercer plus d’un mandat consécutif. La Cour suprême a déposé vendredi un arrêté qui réinterprète le texte.

Nayib Bukele bénéficie au Salvador d’une très forte popularité.

Nayib Bukele bénéficie au Salvador d’une très forte popularité.

AFP

La Cour suprême du Salvador a autorisé vendredi le président Nayib Bukele à briguer un deuxième mandat de cinq ans en 2024, réinterprétant la Constitution du pays en vertu de laquelle il était jusqu’à présent admis qu’un chef d’État ne puisse pas être immédiatement réélu.

«Une personne exerçant la présidence de la République et n’ayant pas été président lors de la période immédiatement antérieure peut participer à l’élection une seconde fois», dit l’arrêt de la chambre constitutionnelle de la Cour, adressé au Tribunal supérieur électoral.

Les magistrats de cette chambre sont ceux qui avaient été nommés après la révocation par le parlement, en mai dernier, de juges hostiles à M. Bukele. Ces destitutions avaient été qualifiées de «coup d’État» par l’opposition et suscité un tollé international, notamment aux États-Unis.

Contrôle de 61 des 84 sièges du Congrès unicaméral

Les nouveaux juges ont renversé la jurisprudence antérieure de la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême, qui soutenait qu’un président ne pouvait exercer plus d’un mandat consécutif, même s’il pouvait à nouveau se présenter lors d’une élection ultérieure.

Élu en 2019, M. Bukele contrôle avec ses alliés depuis les élections parlementaires de février 61 des 84 sièges du Congrès unicaméral, une situation inédite depuis les accords de paix de 1992 qui ont mis fin à douze années de guerre civile.

Bukele bénéficie au Salvador d’une très forte popularité, en affichant sa volonté de lutter contre l’insécurité et le crime organisé. Mais ses penchants autoritaires – il était allé jusqu’à faire irruption voici un an au Parlement en compagnie de policiers et militaires armés jusqu’aux dents pour faire pression sur les députés – lui valent des critiques véhémentes de ses opposants.

Version originale publiée sur 20min.ch

(AFP)

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