Actualisé 27.06.2017 à 23:12

GenèveLa «course des riches» a fait rugir les bords du lac

Les bolides de luxe du Modball ont fait halte dans la cité de Calvin. Cette virée pour millionnaires à travers l'Europe suscite envie et agacement.

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David Ramseyer
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Lecteur reporter
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Lecteur reporter

«ll y a de la frime, c'est clair! Mais la beauté et la rareté de ces voitures me font rêver...», lâche Adriano, 17 ans au compteur et t-shirt d'une prestigieuse marque automobile sur le dos. Comme lui, une vingtaine d'ados mitraillent de photos les fusées sur roues qui encerclent un palace du quai du Mont-Blanc, ce mardi matin. «On est tous fans de beaux modèles comme ceux-là, confirment Bernard et Luc, enchantés. Certains pilotes sont cool: on a pu s'asseoir dans leur véhicule.» Les 180 engins surpuissants du Modball Rally ne passent en tous cas pas inaperçus. «La course des riches est de retour», s'amuse un passant.

Brume anglaise et plages espagnoles

Partie de Londres dimanche passé, l'armada de carrosseries rutilantes a fait escale à Genève avant de s'échapper ce mardi dans un vrombissement impressionnant vers Monaco puis Barcelone, pour arriver en fin de semaine à Ibiza. Quelques 300 riches Anglais, Néerlandais, Suédois ou encore Suisses et Bulgares profitent d'une virée européenne dont la tradition remonte à plusieurs années.

Le slogan du Modball Rally - connu par le passé sous le nom de Cannonball - dit tout: «Drive all day... Party all night! (ndlr; Conduire toute la journée... Faire la fête toute la nuit!)». Plutôt qu'une course, c'est donc un périple «pour s'amuser, admet Kully, un Britannique de 38 ans assis dans un bolide vert pomme. On est toujours des enfants». Plutôt des fils à papa de sortie, inconscients au volant de monstres tunés, selon certains. «Nous ne sommes pas fous!, conteste Omar, un autre participant anglais. On respecte les règles de circulation de chaque pays traversé. Et on n'embête personne». Les organisateurs du rallye veillent au grain, selon les concurrents.

Police aux aguets

Jimmy, un participant suédois, insiste. Il dit beaucoup travailler et cette semaine en voiture, «c'est mon moment de plaisir». Son compagnon de route, Robert, assure que l'accueil qui leur est fait est souvent bon, partout. Ou presque. «En France, les gens aiment visiblement nous bloquer la voie», déplore-t-il.

Pour parer à toute éventualité, la police genevoise a intensifié ses patrouilles sur les quais, à titre préventif. Déjà confrontés par le passé au cortège des bolides du Modball Rally, les agents étaient présents «pour renseigner les concurrents, mais aussi les rendre attentifs aux règles de circulation afin de garantir la sécurité de nos axes routiers», précise Jean-Claude Cantiello, porte-parole des forces de l'ordre. «Nous n'étions pas inquiets, les cas extrêmes sont rares.»

Pied au plancher

"Nous n'enfreignons pas le code de la route", jurent en coeur les participants au Modball Rally. C'est vrai pour la plupart d'entre eux, mais avoir des centaines de chevaux sous la capot donne parfois des envies de ruer sur le bitume. En 2013, un Allemand avait été flashé à 195km/h sur l'autoroute en arrivant à Genève, puis quelques secondes plus tard au Vengeron à 132km/h, alors que la limitation de vitesse était passée à 100km/h. Il avait dû verser un dépôt de 12'000 fr. pour pouvoir repartir puis avait été condamné à une forte amende. Autre exemple de fous du volant du Modball: dans les Hautes-Alpes, un concurrent avait été pincé à 178 km/h sur une départementale limitée à 90km/h, en juin 2013. L'année précédente, plusieurs participants s'étaient vu immédiatement retirer leur permis en France pour vitesse excessive et avaient écopé de fortes amendes.

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