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Deuxième pilierLa crise de 2008 plombe les rendements des caisses de pensions

Le taux de conversion du 2e pilier ne dépend pas seulement de la démographie et de l'épargne, il est également lié au rendement des placements, bien plus aléatoire.

Ces dix dernières années, les rendements ont ainsi été de 9,21% inférieurs aux objectifs de la loi.

Pour garantir les rentes, les quelque 2400 caisses de pensions doivent chaque année atteindre un rendement minimal. Celui-ci est actuellement de 4,8%, selon des données de la branche, en tenant compte d'un taux d'intérêt minimal de 2% et du taux de conversion à 7%. Avec la baisse de ce dernier à 6,4%, comme demandé lors de la votation du 7 mars, et un taux d'intérêt minimal semblable, le rendement exigé ne serait plus que de 4,3%.

Depuis 1999, le rendement moyen des quelque 600 milliards de capital est de 3%, mais il chute à 1% si l'on ne tient compte que des huit dernières années, selon Swisscanto, l'institut spécialisé dans les fonds de prévoyance commun aux banques cantonales. Il faut chercher l'explication dans les crises de 2001, 2002 et 2008. Le rendement cette année-là était négatif (- 12,7%).

L'an dernier, le rendement moyen des caisses a explosé à près de 11%, selon des estimations de l'Association suisse des institutions de prévoyance (ASIP) et l'indice des caisses de pensions du Credit Suisse. Cela ne compense toutefois pas les années de vaches maigres.

En sous-couverture depuis 2000

Depuis 2000 déjà, de nombreuses institutions de prévoyance sont en sous-couverture en raison de la chute des marchés financiers. Cela signifie qu'elles ne pourraient pas toutes remplir d'un seul coup leurs obligations.

Les caisses de pensions de droit public ont de plus souffert du désengagement de l'Etat. Et à toutes, la crise financière de 2008 a porté un coup supplémentaire, leur degré de couverture ayant plongé pour nombre d'entre elles de 20%.

Début 2009, six caisses sur dix se trouvaient en sous-couverture, selon des estimations de la Confédération. Grâce à la reprise des marchés dès le printemps, elles n'étaient plus qu'un cinquième dans cette situation à la fin de l'année.

Placements classiques...

Les caisses de pensions n'ont pas toujours choisi les placements les plus sûrs. En 2008, année de récession, elle sont revenues à des investissements plus ordinaires, dans les obligations, selon le Credit Suisse et Swisscanto, qui collectent et supervisent les données de 270 institutions rassemblant au moins 60% des assurés.

Les institutions de prévoyance se sont en revanche quelque peu retirées du marché des actions. Les obligations représentaient quelque 40% des investissements et les actions environ 20%.

... Et variés

Selon les derniers chiffres de Swisscanto pour une année entière, les placements alternatifs (hedge funds, matières premières, private equity) ont légèrement grimpé, à 7%, pour les établissements privés, et régressé, à 4,7%, pour les institutions publiques. Les investissements immobiliers se montaient à 17% en moyenne. Les caisses ont aussi recouru aux hypothèques et à d'autres actifs.

D'après les directives de la Confédération, les institutions de prévoyance ne doivent pas perdre de vue les intérêts des assurés et faire la preuve de leur maîtrise des mécanismes de ces produits complexes et de leurs conséquences. De plus, «les règles qui limitaient auparavant les diverses possibilités d'investissement ne sont plus aujourd'hui gravées dans le marbre», note Joseph Steiger, de l'Office fédéral des assurances sociales.

Le législateur a tenu compte de l'évolution des marchés financiers. Il est important que les caisses de pensions puissent effectuer des placements alternatifs, mais pas question de mettre tous leurs oeufs dans le même panier, par exemple un seul hedge fund, met en garde Joseph Steiger, qui juge positivement la politique d'investissement des instituts de prévoyance en général.

(ats)

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