Actualisé 16.10.2008 à 15:15

Etude du BITLa crise financière accroît les inégalités

La crise financière accroît les inégalités de revenus, a affirmé jeudi le Bureau international du travail (BIT).

Elles se sont déjà creusées de façon significative ces dernières années, malgré la croissance mondiale.

Entre 1990 et 2005, l'écart de revenu entre les 10% des salariés les mieux rémunérés et les 10% les moins bien payés a augmenté dans 70% des pays pour lesquels on dispose de données, affirme l'étude sur «Les inégalités de revenu à l'épreuve de la mondialisation financière».

Moins qualifiés les plus touchés

«L'expérience des crises économiques précédentes montre que les groupes les plus vulnérables sont davantage touchés», explique Raymond Torres, directeur de l'Institut international d'études sociales, qui a réalisé le rapport pour le BIT.

«Les personnes moins qualifiées sont moins mobiles. Elles retrouvent plus difficilement un emploi et lorsqu'elles le retrouvent, les conditions sont souvent nettement moins bonnes», a affirmé l'économiste.

«La crise financière mondiale actuelle ne peut qu'aggraver les inégalités, à moins que des réformes structurelles de long terme ne soient adoptées», a-t-il souligné. Le rapport prévoit une hausse du chômage mondial, actuellement de 6,1%, mais une prédiction exacte pour 2009 reste impossible à faire compte tenu de l'instabilité sur les marchés, a précisé M. Torres.

Temporaires et permanents

Le BIT relève de très grandes inégalités entre travailleurs temporaires et permanents. Les employés temporaires ou à temps partiel dans les pays riches gagnent en moyenne 20% de moins. Les employés du secteur informel dans les pays en développement gagnent en moyenne 40% de moins que les employés avec un contrat fixe.

La croissance de 30% de l'emploi entre le début des années 1990 et 2007 s'est accompagnée d'une redistribution des richesses au détriment du travail. Dans 51 des 73 pays pour lesquelles des données sont disponibles, la part des salaires dans le PIB a reculé au cours des vingt dernières années.

Le plus fort déclin de la part des salaires dans le PIB s'est produit en Amérique latine et dans les Caraïbes (-13 points), suivi par l'Asie et le Pacifique (-10 points) et les économies développées (-9 points).

Disparités dommageables

Selon le BIT, «si un certain degré d'inégalités de revenu peut être utile pour récompenser l'effort, le talent et l'innovation, de grandes disparités peuvent être contre-productives et dommageables pour la plupart des économies».

Quand elle devient excessive, l'augmentation des inégalités de revenu représente un danger pour le corps social, et porte préjudice à l'efficacité économique, ajoute l'organisation,

Le BIT avertit que des inégalités de revenu excessives sont associées à des taux de criminalité accrus, une espérance de vie réduite et, dans le cas des pays pauvres, à la malnutrition et à une plus forte probabilité de voir les enfants privés d'école pour aller travailler. (ats)

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