05.11.2020 à 10:54

CoronavirusLa crise sanitaire a accru la fragilité des aînés

Les données montrent que la crise «socio-sanitaire» a touché le bien-être des seniors, en affectant leur moral ou en augmentant leur sentiment d’isolement.

La crise a révélé en outre un regard trop souvent négatif envers les 65 ans et plus et attisé des tensions intergénérationnelles.

La crise a révélé en outre un regard trop souvent négatif envers les 65 ans et plus et attisé des tensions intergénérationnelles.

KEYSTONE

L’étude sur l’effet de la pandémie de Covid-19 sur les personnes de 65 ans et plus menée par la Haute école de travail social Fribourg livre de nouveaux détails. La crise a creusé des différences interindividuelles en accentuant des situations préexistantes de fragilité.

«La première vague n’a pas eu le même impact sur toutes les personnes de 65 ans et plus», a indiqué jeudi la Haute école de travail social Fribourg (HETS-FR) pour résumer l’étude. Du 17 avril au 3 juin, 5085 personnes en Suisse romande ont complété le questionnaire, confirmant le succès rencontré dès les premiers jours.

Les données montrent que la crise «socio-sanitaire» a touché leur bien-être, en affectant leur moral ou en augmentant leur sentiment d’isolement. Pourtant, elles n’ont pas uniquement subi la crise de manière passive: elles sont restées actives, notamment en expérimentant de nouveaux moyens de rester en contact avec leurs proches.

Tensions accrues

Les personnes aidées se sont aussi muées en personnes aidantes, en apportant du soutien à d’autres ne vivant pas dans le même ménage et en assumant de nouvelles tâches à la maison. La crise a révélé en outre un regard trop souvent négatif envers les 65 ans et plus et attisé des tensions intergénérationnelles, précise le communiqué.

Ainsi, une personne sur deux estime que le regard des plus jeunes a évolué de manière négative, voire très négative, alors qu’un quart des sondés déclarent avoir été victimes de traitements injustes du fait de leur âge. Globalement, les analyses révèlent que la crise socio-sanitaire n’a pas eu le même impact sur tous les individus.

En premier lieu, des différences ont été observées entre les personnes en termes d’aide reçue et offerte, de nouvelles tâches à assumer ou encore de perception d’attitudes injustes de la part d’autrui. Ensuite, le fait d’avoir ou non un partenaire, la situation financière, l’âge ou le sexe a aussi joué un rôle.

Fragilité accentuée

Plus loin, l’étude constate que la crise a pu contribuer à creuser davantage un certain nombre de différences interindividuelles, en accentuant des situations préexistantes de fragilité. L’augmentation du sentiment de solitude a ainsi été plus forte chez les personnes souffrant déjà le plus de solitude avant la crise, note la HETS-FR.

Les auteurs de l’étude, qui a recueilli des données dans tous les cantons romands, avaient dévoilé des premiers éléments à fin avril, mettant en avant des impacts négatifs et positifs, à un moment où la question d’une deuxième vague était théorique. Le questionnaire fait pour l’heure l’objet d’approfondissements qualitatifs.

Une enquête de suivi va par ailleurs être lancée dans les prochaines semaines. La démarche d’ensemble s’est intéressée aux personnes de 65 ans et plus parce que celles-ci étaient considérées comme des «personnes à risque», directement concernées par les mesures arrêtées et peu entendues dans les débats publics.

(ATS/NXP)

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