Actualisé 26.03.2020 à 11:35

Coronavirus

La crise, un risque pour la santé mentale des Suisses

La Main tendue fait face à une avalanche de téléphones, preuve s'il en est que les Helvètes, semi-confinés, ont besoin d'exprimer leurs angoisses face aux coronavirus.

Depuis début mars, les téléphones chauffent dans les douze postes régionaux de La Main Tendue.

Depuis début mars, les téléphones chauffent dans les douze postes régionaux de La Main Tendue.

Keystone

La crise du coronavirus est un risque pour la santé psychique. La Main Tendue, qui fait face à une avalanche de téléphones, est en première ligne pour répondre aux angoisses des Suisses semi-confinés. Avec un enfermement sur plusieurs semaines, elle craint aussi une hausse de la violence domestique.

A Lausanne, une soixantaine de bénévoles sont fidèles au poste pour aider les personnes à affronter leurs craintes, a expliqué lundi la directrice de l'antenne vaudoise Catherine Bezençon. «Ce sont surtout la solitude et l'angoisse d'attraper le virus qui les poussent à nous appeler».

L'antenne vaudoise a connu un pic d'appels le vendredi 13 mars, jour de l'annonce de la fermeture des écoles. «Nous n'avons jamais reçu autant d'appels en 24 heures». Depuis, la situation s'est calmée: «c'est comme si les gens s'étaient auto-disciplinés en faisant des appels plus courts», a relevé la directrice.

Avec la prolongation du semi-confinement sur plusieurs semaines, Catherine Bezençon craint une hausse de la violence domestique, liée à une forte consommation d'alcool: «Le travail ne joue plus son rôle de garde-fou».

Task force contre la violence domestique

La Main Tendue n'est pas la seule à s'inquiéter. La Confédération a même mis sur pied une task force contre la violence domestique, placée sous la houlette du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes, peut-on lire dans un communiqué lundi.

Les personnes qui ne se sentent pas en sécurité chez elles peuvent se rendre dans une maison d'accueil pour femmes. Dans les cas de violence, la police peut expulser l'agresseur du domicile.

A la Main Tendue, depuis début mars, les téléphones ne chauffent pas seulement à Lausanne, mais dans les douze postes régionaux de l'organisation, dont cinq en Suisse romande et au Tessin. En 15 jours, il y a eu 1720 entretiens pendant lesquels le coronavirus a été abordé. Cela représente plus de 100 conversations sur ce sujet par jour, sur une moyenne de 520 contacts, indique l'organisation dans un communiqué lundi.

Santé mentale

En plus de menacer physiquement les personnes, le coronavirus se profile comme une menace pour la santé mentale. Un serveur, complètement désespéré par la fermeture soudaine de son restaurant, a non seulement perdu ses revenus mais aussi sa routine quotidienne.

Une infirmière se dit très contrariée que la population ne respecte pas les mesures recommandées, alors que le système de santé va sous peu atteindre ses limites. Il y a aussi cet homme très âgé qui ne peut plus rendre visite à une personne de 83 ans en maison de retraite - le lien social régulier n?est plus possible. Ces exemples représentent des millions de personnes dans le monde dont la vie quotidienne est bouleversée par le coronavirus.

La Main Tendue est un service complètement anonyme. Les bénévoles écoutent surtout et incitent les personnes en détresse à prendre contact avec leur médecin traitant ou un autre service, si besoin. Mais elle n'interviendra pas elle-même «en appelant une ambulance» par exemple.

Maintenir les contacts

La Main Tendue encourage à maintenir les contacts sociaux autant que possible, pour pouvoir parler de choses stressantes ou agréables. Les bénévoles de La Main Tendue sont joignables 24 heures sur 24 par téléphone au 143, et aussi par courriel ou tchat individuel sur www.143.ch.

La faîtière des organisations familiales Pro Familia propose de son côté des informations et des contacts aux familles, c'est-à-dire aux enfants, adolescents, parents et grands-parents. Elles sont disponibles à l'adresse: www.profamilia.ch. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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