Actualisé 23.04.2008 à 14:59

La Croisette s'offre un tour du monde en 22 films

Le Festival de Cannes fête du 16 au 27 mai sa 60e édition.

Il présente un tour du monde en 22 films dans une compétition pour la Palme d'or qui mêle un cinéma américain confirmé, de Gus Van Sant à Quentin Tarantino, à des auteurs plus jeunes d'Europe ou d'Asie.

Le plus important festival de cinéma au monde souhaite que son anniversaire ne se limite surtout pas à une évocation de ses pages d'or, mais montre plutôt la vitalité de la production contemporaine. D'où une sélection qui «mêle héritage et modernité, grandes signatures et jeunes pousses», selon le mot du président du Festival, Gilles Jacob.

Très attendu, «My blueberry nights», premier film en anglais du Chinois Wong Kar-wai - auteur d'»In the mood for love» et «2046» - donnera le coup d'envoi le 16. Ce road movie au féminin à travers les Etats-Unis porte pour la première fois à l'écran la chanteuse de jazz américaine Norah Jones.

Le Festival de Cannes a popularisé au fil des ans aussi bien le néoréalisme italien, le fleuron de la Nouvelle vague française ou le cinéma non officiel de l'Europe de l'Est communiste.

Van Sant et Coen

Cette année, le meilleur du cinéma américain sera là, avec notamment Gus Van Sant - Palme d'Or en 2003 avec «Elephant», qui présente «Paranoid Park», adapté d'un roman de Blake Nelson et tourné dans son Portland natal. «Une sorte de Crime et Châtiment au lycée», promet l'auteur.

Cannes accueille aussi Ethan et Joel Coen, avec «No country for old men» - 16 ans après la Palme d'Or à «Barton Fink»: la cavale au Texas d'un homme en possession d'un magot enfermé dans une mallette, tirée d'un roman de Cormac McCarthy.

Trois autres films américains sont en compétition: «Death Proof» où un psychopathe tue des femmes avec sa voiture et avec lequel Quentin Tarantino revient à Cannes 13 ans après la Palme d'or à «Pulp fiction»; «Zodiac» de David Fincher et «We own the night» de James Gray.

Glamour

Côté glamour, les stars de Hollywood pleuvront sur la Croisette avec «Ocean's 13» de Steven Soderbergh, 3e volet des aventures des «braqueurs cool», montré hors compétition: Catherine Zeta-Jones, George Clooney, Matt Damon, Brad Pitt, Al Pacino et Andy Garcia.

Hors compétition lui aussi, «Sicko» de Michael Moore - Palme d'Or en 2004 avec «Fahrenheit 9/11» - explore les carences du système de santé des Etats-Unis.

Cette année à Cannes, où plus de la moitié des 22 cinéastes en compétition n'ont jamais brigué la Palme, le renouveau vient surtout de l'Est de l'Europe, avec «Quatre mois, trois semaines et deux jours», 2e long du Roumain Christian Mungiu, 38 ans, «Alexandra» du Russe Alexandre Sokourov et «Izganie» de son compatriote Andrey Zvyagintsev.

Retour de Kusturica

Eux aussi nouveaux venus, le jeune français Raphaël Nadjari signe «Tehilim» tourné en Israël, portrait d'une famille confrontée à la disparition du père, l'Iranienne Marjane Satrapi transpose sa BD à succès «Persépolis» à l'écran, et l'Allemand Fatih Akin présente «De l'autre côté».

L'Asie sera représentée par deux Coréens, Lee Chang-dong, qui signe «Secret sunshine» et Kim Ki-duk, «Breath», ainsi que par la Japonaise Naomi Kawase, «La forêt de Mogari». Enfin, le Serbe Emir Kusturica, deux Palmes d'Or, revient à Cannes avec «Promise me this».

Côté français, Catherine Breillat présente «Une vieille maîtresse», le jeune Christophe Honoré dévoile la comédie musicale «Les chansons d'amour» et Julian Schnabel, «Le scaphandre et le papillon» tiré du récit de Jean-Dominique Bauby, quasi totalement paralysé après un accident cérébral.

La Palme d'or - revenue en 2006 au très engagé «Le vent se lève» du Britannique Ken Loach -, sera décernée par un jury présidé par son compatriote, l'irrévérencieux cinéaste Stephen Frears. (ats)

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