Conjoncture: La croissance a décéléré au 3e trimestre
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ConjonctureLa croissance a décéléré au 3e trimestre

La croissance suisse a décéléré au 3e trimestre: le PIB a augmenté de 0,7% par rapport au trimestre précédent, contre des hausses respectives de 0,9% et 0,8% aux 1er et 2e trimestres.

En dépit d'un contexte difficile, l'économie suisse devrait rester sur la voie de la croissance en 2011. Economiesuisse mise sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 2,6% en 2010 et 2% en 2011. Un risque de rechute pourrait venir de l'endettement de la zone euro.

La reprise de l'économie suisse s'est faite dans l'ensemble de manière rapide malgré l'importance de la récession économique, a souligné lundi Rudolf Minsch, chef économiste. Mais la force du franc est un facteur qui pèse sur la reprise des exportations. Pour 2011, le taux de change franc/euro moyen devrait être de 1,33 (contre 1,38 en 2010) et celui du dollar de 0,96.

«Les entreprises suisses devront dans ce contexte accroître leur productivité», souligne Rudolf Minsch. Les retombées de ce franc fort pourraient toucher en premier lieu le tourisme, l'industrie textile, ainsi que celle des machines. Dans l'ensemble, la croissance des exportations persistera en 2011 mais en nette baisse par rapport à l'année précédente: son taux devrait passer de 9,1% à 3,9%.

Test pour le tourisme

Il ne faut toutefois pas généraliser, prévient le représentant d'economiesuisse. «Les conséquences de la force du franc sur les entreprises dépendent plus de la situation géographique et des prestations préalables fournies à l'étranger que de la branche.» Toujours est-il que le secteur du tourisme subira «un test de résistance» important.

Au niveau de l'économie indigène, economiesuisse souligne les effets positifs de hausses de salaire supérieures à 1%, d'un chômage en léger recul (3,2% prévu pour 2011) et du maintien d'une immigration nette. Les dépenses de consommation vont augmenter tout comme celles de la construction. Pour les prix, l'inflation devrait rester basse avec un taux aux alentours de 1%.

Menaces de l'endettement

Economiesuisse avait convoqué les médias pour avancer ses perspectives conjoncturelles 2011. L'occasion de répéter la situation privilégiée de la Suisse dans le contexte européen de crise et «l'endettement croissant de certains pays». Or, même privilégiée, la Suisse ne peut se comporter comme une île, prévient la Fédération des entreprises suisses.

Pour Pascal Gentinetta, président de la direction, «nous devons éviter de devenir les victimes de notre propre succès». En d'autres termes, il est primordial, juge-t-il, de préserver la position de la Suisse dans la concurrence fiscale internationale. «Car l'Union européenne va certainement se montrer plus agressive.»

Bulles dans les pays émergents

L'un des grands fléaux de l'endettement, a jugé economiesuisse, sont «les coûts non couverts des assurances sociales» qui pourraient engendrer une croissance exponentielle de la dette. Là non plus, la Suisse, malgré des finances publiques saines, n'est pas à l'abri, selon la Fédération qui préconise d'étendre le frein à l'endettement aux assurances sociales.

Au-delà des risques de rechutes liés à la zone euro, economiesuisse a encore souligné deux risques de récession qui incitent à la prudence: la croissance toujours fragile des Etats- Unis et la formation de bulles dans les pays émergents, à l'image de la Chine et du Brésil.

(ats)

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